Circulation alternée : la grande arnaque !

Ancien député européen, essayiste.

Président de Polémia.

 

En période anticyclonique, la pollution en Île-de-France et certaines grandes agglomérations est bien réelle. Mais pour y faire face, la circulation alternée est un leurre irresponsable.

Pour trois raisons au moins : l’interdiction s’accompagne inévitablement d’une longue série de dérogations attribuées aux véhicules utilitaires légers, aux taxis, aux véhicules des services publics, aux commerciaux – et j’en passe. C’est normal : le seul problème, c’est que ces exonérations bénéficient surtout à des véhicules diesel, c’est-à-dire précisément à ceux qui produisent les particules fines, sources du problème.

Pour le reste des usagers, l’interdiction (si elle est respectée) diminuera de très peu la pollution ; en revanche, elle désorganisera les transports en commun. Qui peut croire que les lignes de RER déjà saturées et peu fiables en temps normal pourront accueillir 30 % de trafic supplémentaire alors qu’ils souffrent (merci l’UMPS !) d’un sous-investissement chronique depuis 30 ans.

Sociologiquement, la mesure est injuste : il s’agit de satisfaire les bobos du centre-ville au détriment des ploucs qui habitent les banlieues. Au demeurant, les plus riches ne se priveront pas de risquer 22 € d’amende !

Cette mesure injuste et inefficace s’explique par ses avantages politiques : En termes de posture, Ayrault et Martin jouent les chefs de guerre sur le front de la pollution. Aux applaudissements des médias de propagande dont les journalistes bénéficient, eux, du privilège de pouvoir… circuler.

Du point de vue politicien, voilà un message pour les Verts et pour l’Union européenne qui menace de condamner la France pour son taux de pollution de l’air (qui s’explique par sa diésélisation irresponsable).

Médiatiquement, c’est une belle opération d’enfumage : à une semaine des municipales, voilà qui permet d’oublier le non-traitement des problèmes et les mensonges de Taubira. Et de diversion aussi : l’attention de l’opinion est distraite et le « quart d’heure de haine » orwellien est dirigé cette fois contre la pollution.

C’est enfin un élément supplémentaire de conditionnement de l’opinion. La lutte contre la pollution est, ici, utilisée à des fins de dressage idéologique comme les campagnes sanitaires dans l’Union soviétique de Staline (ou la vaccination contre le H1N1 en France). Il s’agit de développer une race de citoyens soumis et bien-pensants, qu’on discipline par la peur et l’interdiction.

Gentiment, tranquillement, la France s’avance ainsi sur les chemins d’un totalitarisme mou. Alors, surtout si l’on a un véhicule non polluant (récent, à essence), il ne faut pas hésiter à rouler. Rouler, c’est résister !

Envie que vos amis découvrent cet article ?
Partagez-le !

Recevez gratuitement nos articles !


Président de Polémia.

AUJOURD'HUI SUR BOULEVARD VOLTAIRE

Les commentaires sur cette page sont fermés.