Zimbabwe : la sécheresse a bon dos !

Marchand de vins et écrivain
 

La sécheresse a bon dos pour justifier l’injustifiable dans ce pays. Sous « l’ancien régime », on se battait avec succès contre cette calamité.

On a toujours dit et répété que la descente du Zimbabwe vers l’enfer avait commencé en 1980 lorsque Robert Mugabe avait été élu président de ce pays jadis d’une exceptionnelle richesse. Pendant vingt ans, les choses allèrent plus ou moins bien car les structures de fonctionnement du pays n’avaient pas encore été trop abîmées par le nouveau pouvoir.

En 2000, les choses ont radicalement changé lorsque le président Mugabe a décidé d’expulser les fermiers blancs de leurs exploitations. Sucre, maïs, tabac et élevage avaient fait de ce pays le grenier de l’Afrique voisine. On connaît la suite : expulsions violentes et fermes données aux soi-disant « war veterans » qui sont plutôt des apparatchiks du ZANU-PF, le parti du camarade président Mugabe.

On sait que cette région de l’Afrique est souvent touchée par de graves sécheresses qui sont l’ennemi numéro un des pays essentiellement agricoles comme le Zimbabwe ou l’Afrique du Sud. Un El Niño exceptionnellement actif dans la région nord de l’océan Pacifique et de fréquentes hautes pressions sur Madagascar ont fait que, depuis l’année dernière, les pluies ont obstinément refusé de descendre vers le sud de l’Afrique.

À l’époque où il s’appelait encore Rhodésie, les responsables gouvernementaux de ce pays avaient mis sur pied des organismes chargés de combattre avec succès cette sécheresse récurrente.

On avait construit d’immenses réservoirs un peu partout dans le pays, qui disposait de trois ans de stocks d’eau, sans compter les 10.000 retenues d’eau (deux par ferme) construites par les fermiers d’alors. Aujourd’hui, la plupart de ces réservoirs fuient lamentablement, ce qui a fait dire à un ministre zimbabwéen que c’était probablement la CIA qui manipulait la météo et la sécheresse !

Même chose pour les silos à grains mis sur pied dans tout le pays et dont les systèmes mécaniques n’ont pas été entretenus ou remplacés depuis belle lurette. Le Grain Marketing Board, l’autorité de tutelle de la production céréalière, est depuis longtemps en faillite. De magnifiques abattoirs et des chambres froides avaient été construits avant 1980 par le Cattle Finance Scheme, permettant d’abattre des troupeaux entiers de moutons en cas de sécheresse et de stocker la viande en conséquence. Là encore, le même constat de faillite pour les mêmes raisons d’inefficacité et de gabegie.

Toujours dans le domaine de l’élevage, les associations de fermiers avaient mis sur pied un ingénieux système de transport du bétail des régions touchées par la sécheresse vers des ranchs de régions plus épargnées. Aujourd’hui, la plupart de ces ranchs ont été confisqués par les amis du régime qui les utilisent pour… chasser entre amis. Le Zimbabwe a, aujourd’hui, un déficit agricole de… 80 %, l’élevage et la production agricole en général étant réduits à leur plus simple expression.

Nul besoin d’aller plus loin pour comprendre le pourquoi et le comment de ce drame qui n’en finit pas… de finir alors que le président Mugabe, 91 ans, au pouvoir depuis 35 ans, refuse obstinément de s’en aller au milieu d’un silence complice et assourdissant des pays africains qui se taisent pudiquement devant la ruine organisée de ce pays.

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