19 mars… bonjour tristesse

Historien, conférencier
 

On n’a nulle envie d’être polémique, voire sarcastique quand sonne à nos oreilles la date du 19 mars. Une date qui nous plonge dans la tristesse ! Et si l’auteur de ces lignes peut s’abandonner à quelques confidences, il évoquera le souvenir de l’accueil réservé aux « rapatriés » lorsque, accompagnant son père en gare de Nantes pour les recevoir, il découvrait avec émotion les dommages collatéraux de la politique politicienne.

C’était quelques mois après ces accords d’Évian qu’on qualifiait « de la honte », et qui pendant des années ont privé la table familiale d’une eau minérale pourtant fort bénéfique.

Pas d’officiel sur les quais, quelques bénévoles épars au milieu de ces pauvres gens choqués et désemparés, et surtout ce lourd silence médiatique… Chassée par les conséquences d’un traité bâclé et surtout inique, une population entière fuyait la terre où elle était née, une terre qu’elle avait travaillée. La grande transhumance vers la mère patrie, impensée par les négociateurs, fut occultée par les médias…

Rien à voir avec les mains tendues, les bras ouverts et l’ardente compassion qui nous oblige à accueillir aujourd’hui des migrants débarquant, eux, d’on ne sait où ?

Rien à voir, non plus, avec ces trains qui, en 1945 (et jusqu’en 1946), débarquaient leurs flots de déportés ou de prisonniers. Pour eux, très légitimement, fanfares, cafés chauds et pécules étaient au rendez vous.

Il est vrai que les rescapés de la Seconde Guerre mondiale, comme les migrants d’aujourd’hui, sont estampillés « victimes », qu’ils appartiennent au camp de la bonne conscience, tandis que les pieds-noirs, « ces pelés, ces galeux, d’où nous viennent tous nos maux », sont responsables d’avoir entraîné la « métropole » dans une guerre honteuse, pas même digne de se nommer comme telle ! Ces Français d’Algérie ne sont pas victimes mais bel et bien coupables. Ils ont eu même l’outrecuidance d’appeler à mourir pour défendre leurs intérêts colonialistes de braves petits gars du contingent…

Ces Français d’Algérie auront été les premiers à subir une déferlante terroriste qui a bien débuté dès cette époque, là-bas sur cette terre africaine… Et on oubliera, bien sûr, que la seule bataille menée et gagnée contre la barbarie islamique fut la bataille d’Alger. Mieux vaut donc jeter un voile pudique sur ces pages douloureuses de l’histoire des Français.

Rien d’étonnant, donc, que des municipalités (de droite comme de gauche) aient cru bien faire en baptisant quelques rues de cette date infâme. Sans recul historique, sans objectivité et sans la moindre compassion pour les victimes, elles ont plaqué sur nos façade une espèce de slogan du genre « guerre à la guerre » pour nous signifier que l’héroïsme et le tragique, dans l’Histoire, ça n’existe pas ! Que ces Français d’Algérie auraient mieux fait de comprendre le ridicule de leurs prétentions !

C’est pourquoi le 19 mars sonne creux et ne représente rien ; sous ces oripeaux, on n’y trouverait ni vainqueur ni vaincu mais le poids encombrant de la bêtise. Le 19 mars n’est que le triomphe affiché de l’utopie.

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