Bordeaux II vandalisée : de Gaulle aurait parlé de « chienlit »

Professeur honoraire
 

Tous les Bordelais connaissent la place de la Victoire, avec sa fameuse colonne, entourée de nombreux bars où des étudiants, le soir, font la fête ou regardent un match de foot. C’est également le point de départ ou d’arrivée de nombreuses manifestations. Tout proche, au coin de la rue de Broca, l’université de sociologie Victor-Segalen, composante de l’université de Bordeaux.

Jeudi matin, les étudiants qui se rendaient en cours auraient pu avoir la gueule de bois. Non qu’ils eussent fait quelques excès la veille, mais ils découvraient de quoi les dégoûter jusqu’à la nausée : locaux vandalisés, tags sur les murs, portes défoncées, matériel vidéo et informatique détruit, argent dérobé… Le montant des dégâts s’élèverait à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Pas de revendication. Un seul mot d’ordre : « On ne veut rien, nous prenons, pillons, volons tout. » L’université a porté plainte, une enquête est en cours. En attendant, les meneurs étudiants n’auront pas besoin de bloquer les entrées de la fac : les cours sont suspendus.

Après la manifestation bordelaise contre la loi El Khomri, « un groupe d’environ deux cents personnes, composé d’étudiants mais aussi de militants extrémistes et notamment des anarchistes, s’est introduit brutalement dans les locaux de la faculté pour y tenir une assemblée générale », indique la préfecture de la Gironde. Selon la direction de l’université, c’est alors que se tenait cette assemblée qu’« une bande de voyous est entrée dans les locaux d’un bâtiment du collège des sciences humaines ». Pas impossible que les « voyous » en question se soient mêlés aux étudiants. La configuration des locaux et les moyens dont disposait la police auraient rendu très délicate une opération d’évacuation.

Quoi qu’il en soit, le résultat est là : pendant que des étudiants politisés discutaient de la suite à donner au mouvement et du blocage de l’université, les casseurs s’en donnaient à cœur joie. Sur les murs, de nombreux tags, souvent mal orthographiés, comme « Autodéfense populaire », « Nik l’état d’urgence ! », visant parfois directement une personne ou une catégorie : « Inci Khomri la connerie » ou « Les banquiers au bûcher ». À l’étage abritant l’école de psychomotricité, une croix gammée a même été dessinée sur le front de mannequins en plastique. Tout cela est de très bon goût !

Le siège a duré toute la nuit, avant que les vandales ne s’évaporent à l’aube… Les étudiants affirment n’y être pour rien : « Pourquoi irions-nous faire ça? C’est se tirer une balle dans le pied… », assure l’un d’entre eux. L’UNEF locale a condamné ce saccage. Il reste que certains groupes politisés ou autonomes, étudiants ou non, sont devenus des professionnels de telles opérations : on bloque, on casse, on sème la pagaille. La stratégie gauchiste de Mai 68, « provocation-répression-solidarité », n’a pas perdu de son efficacité et certains cherchent à développer la chienlit que dénonçait le général de Gaulle.

L’université Victor-Segalen est souvent pionnière en mobilisation, suivie de Bordeaux III, spécialisée en lettres, langues et sciences humaines. Les universités de droit, de sciences et de médecine sont généralement plus paisibles : on se demande bien pourquoi… Toulouse et Rennes sont également bien placées dans ce palmarès peu glorieux. Ce n’est malheureusement pas fini : à la sortie de Matignon, le président de l’UNEF a déclaré ce matin qu’« il [fallait] amplifier la mobilisation dans les universités ». Les étudiants qui veulent travailler en feront les frais.

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