Avec Mgr Gaillot, ils n’étaient pas si intransigeants

Professeur honoraire
 

Après les médias, qui en ont fait un buzz, c’est le Premier ministre qui somme le primat des Gaules de « prendre ses responsabilités » : serait-il au courant d’un dossier qu’il n’est pas censé connaître – s’il est vrai que les magistrats ne communiquent jamais des éléments de procédure ? Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il fait peu de cas de la présomption d’innocence.

La pédophilie a existé de tout temps. Pas seulement dans l’Église. Dans l’Éducation nationale, dans les colonies de vacances, dans toutes les situations où des adultes sont au contact d’enfants et d’adolescents. Après Mai 68, il était dans le vent de présenter l’expérience de la pédophilie comme acceptable, voire éducative. C’était le temps de la libération sexuelle où il était interdit d’interdire. L’un des leaders du mouvement étudiant à Paris s’est illustré en la matière.

Dans Le Grand Bazar, publié en 1975, il raconte ses découvertes d’éducateur dans un jardin d’enfants autogéré de Francfort : « Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller », écrit-il. Il réitère, un peu plus tard, lors d’une émission de télévision : « Vous savez que la sexualité d’un gosse, c’est absolument fantastique […].

Quand une petite fille, de cinq ans, commence à vous déshabiller, c’est fantastique. »

Ce qui est également « fantastique », c’est que de tels propos ne firent pas scandale. Voyons ! Destinés à choquer le bourgeois, tout au plus révélaient-ils une part d’ombre de leur auteur. D’ailleurs, une partie de l’« élite » culturelle, voire politique, ne s’en émouvait guère, quand elle ne les partageait pas. Depuis, Daniel Cohn-Bendit a exprimé ses remords et ceux qui osent faire référence à cet épisode se voient vertement rabrouer.

Faut-il parler aussi de cet évêque d’Évreux ? Il avait nommé curé d’une paroisse, en toute connaissance de cause, un prêtre condamné au Canada pour abus sexuels. La presse fut bien indulgente à son égard. Comment s’attaquer à cet évêque, coqueluche des médias ? Quand il fut déchargé de ses fonctions en raison de ses multiples prises de position contraires au magistère de l’Église, toutes les organisations « progressistes » – se dire « progressiste » permet de rejeter les autres dans les ténèbres de l’obscurantisme – prirent sa défense. C’est Jean-Paul II qui fut mis en accusation : ce pape était un ennemi de la liberté d’expression !

Mgr Gaillot ou Daniel Cohn-Bendit sont sans doute plus fréquentables que le cardinal Barbarin. Pensez donc ! Il a pris position contre l’avortement, participé à des marches pour la vie ; il s’est opposé au mariage pour tous, a défilé avec la Manif pour tous, rappelé que le mariage homme/femme est un repère fondateur de l’humanité… Avec de telles idées, c’est forcément un horrible réactionnaire, un fasciste en puissance, un complice des pédophiles, un ennemi à abattre ! Haro sur Barbarin !

La campagne lancée contre Mgr Barbarin n’est pas sans arrière-pensées. Il s’agit de porter le discrédit sur un homme qui défend des valeurs, et sur ces valeurs mêmes. Mais ceux qui le mettent ainsi au pilori sont les premiers à se discréditer.

Jean-Michel Léost
Professeur honoraire

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