Editoriaux - International - Santé - 2 octobre 2018

Jean-Luc Mélenchon : et le vaccin contre la démagogie, c’est pour quand ?

On savait Jean-Luc Mélenchon grand admirateur du gouvernement vénézuélien – dont la réussite économique fait l’admiration de la planète -, mais l’ancien sénateur à chaîne de montre vient de faire mieux encore, jeudi, devant l’Assemblée nationale.

Désormais fidèle à sa tenue de laboureur balzacien endimanché, il commença, du haut de la tribune, un panégyrique du paradis tropical cubain par une notule géopolitique assez décoiffante : en Amérique du sud, « le nationalisme est progressiste » ! Eh oui, chez nous, il est ringard, réactionnaire, nauséabond et tutti quanti ; mais là-bas, il est progressiste, le nationalisme ! Allez comprendre…

Mais ce n’était qu’une mise en bouche, avant d’énumérer les domaines dans lesquels la famille Castro aurait fait mieux que les Européens : « La population à Cuba est plus alphabétisée qu’en France. » Possible, mais s’il y avait moins de mélenchonistes à l’Éducation nationale, nous serions peut-être meilleurs…

Enfin, selon le tribun du peuple, c’est pour sa médecine que Cuba serait le plus admirable. Il est vrai que ce pays, c’est l’anti-numerus clausus qui produit des carabins à rythme stakhanoviste depuis des décennies, mais dont la plupart sont (comme certains médicaments) « à usage externe seulement », envoyés partout où la chienlit marxiste est susceptible d’être attisée, et souvent l’avant-garde des conseillers militaires. Tandis que ceux enfermés au pays ont généralement besoin d’un deuxième métier (taxi, guide touristique ou cireur de chaussures) pour faire bouillir la marmite…

Mais ça n’empêche pas notre Lyssenko de la Canebière de s’envoler : « Si vous cherchez un vaccin contre le cancer du poumon, allez à Cuba, il existe. » Bigre, on nous aurait caché ça ? Eh oui, parce que, selon l’orateur, les Cubains « ne veulent pas vendre leur procédé à Sanofi, ce qui se comprend ; ils préféreraient le faire dans une relation de coopération sincère où l’on chercherait d’abord à guérir des gens ou prévenir la maladie avant que de réaliser des profits ».

Bon sang, mais c’est bien sûr, les médicaments, ça ne devrait être produit que dans les abbayes, loin des préoccupations mercantiles des capitalistes !

En fait, les chercheurs cubains ont bien inventé, il y a plus de vingt ans, une molécule qui semble (tout le monde n’est pas d’accord) ralentir un peu (comme bien d’autres) l’évolution d’une seule forme (15 %) de cancer pulmonaire évolué. Mais rien que l’on puisse assimiler à un vaccin. Bref, pas de quoi courir en tête pour le Nobel de médecine…

Prié, dans l’émission « Dimanche en politique » de France 3, de s’expliquer sur cette « fake news », Jean Luc Mélenchon a effectué un double salchow : « Maintenant, s’il n’y a pas de vaccin et que j’ai parlé trop vite, je retire ma phrase. »

Pour le vaccin contre la démagogie… on est toujours dans l’attente.

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