Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - 15 octobre 2018

Jean-Frédéric Poisson : « Les forces de progrès, c’est nous »

Le Parti chrétien-démocrate (PCD) vient de publier un « Manifeste pour l’Europe des nations ». Son président, Jean-Frédéric Poisson, répond aux questions de Boulevard Voltaire.

Le PCD a publié hier un manifeste déclinant sa vision de l’Europe et sa ligne de conduite pour les Européennes.
Pouvez-vous nous expliquer cette ligne ?

La ligne est celle d’une refonte en profondeur des institutions européennes. Nous partageons avec beaucoup de formations politiques le constat que l’Europe, en l’état actuel, ne fonctionne plus. La différence avec beaucoup d’autres formations est que nous faisons ce constat depuis l’origine.
Lorsque nous nous sommes engagés contre les différents traités européens et autres textes, nous savions que le primat et la tutelle, pour ne pas dire la toute-puissance de la Commission européenne, étaient une erreur.

Aborder l’Europe comme un marché ouvert sans autres formes de considérations était également une erreur. D’ailleurs, nous en voyons les effets aujourd’hui.
Nous voulons que les nations récupèrent le pouvoir abandonné à la commission et aux instances européennes. Ce recouvrement de leur pouvoir et de leur capacité de décision est la condition pour faire de l’Europe, une Europe protectrice.
C’est ce que demandent les peuples aujourd’hui. Ils veulent l’Europe les protège, non seulement sur le plan social et économique, mais également sur le plan civilisationnel. Voilà grosso modo la ligne de notre manifeste publié ces jours-ci.

Lors des élections européennes, il semble que deux camps s’affronteront.
D’un côté, les partisans d’une Europe des Nations, et de l’autre côté, des pro-Europe, les progressistes contre les conservateurs.
Pensez-vous que l’avenir du combat européen sera sur cette ligne-là?

Dans cette affaire, nous représentons les forces de progrès. Les conservateurs sont ceux qui veulent maintenir ce système actuel en l’état.
Je rappelle que du côté d’Emmanuel Macron, le plan est d’aller vers une intégration renforcée. Il avait d’ailleurs déjà proposé il y a quelque temps un budget commun de la zone euro et un ministre des finances commun.
La ligne des Républicains et celle Laurent Wauquiez est d’aller vers une intégration renforcée entre un certain nombre de pays de zone euro. On s’oriente là vers un système amendé à la marge, mais qui resterait sur sa fondation philosophique, c’est-à-dire la primauté commerciale de ce continent. Or, c’est le problème de fond.
Il faut changer cette orientation de fond et revenir aux fondamentaux de l‘Europe. Il faut évidemment garder les idées de partage, de paix, de circulation des biens et des personnes, mais dans le but de faire en sorte que les peuples européens conservent leur culture et leur pourvoir de décision. Sinon la politique ne sert à rien.

À ce jour, plusieurs listes sont en cours, Les Républicains, la liste que vous menez avec Nicolas Dupont-Aignan et les Amoureux de la France, la liste du Rassemblement national. Renaud Camus et Karim Ouchikh ont également émis le souhait d’en créer une.
Va-t-on encore une fois vers une division des forces de droite ?
Cela ne va-t-il pas profiter au camp d’en face ?

Je ne peux pas vous dire que je ne partage pas votre avis. Je dois être un des seuls à prôner une large liste d’union. Et j’appelle les uns et les autres à prendre leurs responsabilités.
Nous avons une opportunité absolument unique de pouvoir porter au parlement européen un nombre inégalé de députés. Nous pourrions même peut être constituer un groupe eurosceptique droitier, pour dire les choses rapidement, qui serait le plus important du parlement. Ce serait un authentique contre-pouvoir aux institutions de Bruxelles.

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