Editoriaux - Justice - Médias - 24 janvier 2018

Jawad Bendaoud dort en prison. Ses ex-voisins, eux, sont à la rue…

C’est le grand jour, celui du procès qui agite aujourd’hui les médias : Jawad Bendaoud, le logeur de Saint-Denis surnommé « Stéphane Plaza » ou encore « Century 21 » par les policiers, comparaît ce mercredi devant la Justice. C’est son quatrième passage au prétoire depuis son arrestation en novembre 2015. Trafic de drogue, tentative d’incendie de sa cellule, violences verbales et physiques contre les policiers qui l’escortaient… de quoi garnir un casier déjà bien plein, la star du Net ayant dans le passé pris huit ans de prison pour avoir « involontairement » tué un adolescent d’un coup de hachoir dans un moment d’énervement…

Cette fois, donc, il affronte les juges pour « recel de terrorisme ». Accusé d’avoir aimablement logé les terroristes en cavale après les attentats du Bataclan et des terrasses, « pour rendre service », dit-il. Il semblerait qu’il connaissait les agissements criminels de ses clients, mais pas leurs projets…

Si les projecteurs sont braqués sur cet olibrius qui a fait les beaux jours des réseaux sociaux, on oublie hélas le sort des 83 sinistrés qui, dans cette nuit du 13 au 14 novembre 2015, ont vécu l’horreur dans l’immeuble du 48, rue de la République, à Saint-Denis, là où Jawad exerçait son trafic de marchand de sommeil. Des gens qui sont restés terrés pendant l’assaut du RAID et de la BRI, redoutant des heures durant le carnage au-dessus de leur tête – 1.500 balles tirées ! – jusqu’à ce qu’on les évacue d’un immeuble où leur vie est partie en fumée.

Où en sont-ils, aujourd’hui ? « Les 47 familles ont d’abord été mises à l’abri dans un gymnase puis hébergées dans des logements sociaux. Des solutions provisoires et pas toujours adaptées aux familles nombreuses », écrivait Le Figaro en novembre dernier, cinq personnes étant même carrément à la rue.

Pourquoi ne leur reconnaît-on pas le statut de victimes du terrorisme, pourquoi les a-t-on abandonnées ? Parce qu’elles n’habitaient pas les beaux quartiers ? Parce que ce sont des « petites gens » pour la plupart issus de l’immigration ?

L’immeuble a été muré. Certains n’ont rien pu emporter de leur vie d’avant et vivent dans des chambres d’hôtel ou bien, pour les plus chanceux, des appartements exigus où ils sont entassés comme en prison.

Fin 2017, Tagara Lassina Traouré, un homme âgé de 53 ans, confiait que « seuls les habitants du rez-de-chaussée, du premier et du deuxième étage du 48 rue de la République ont pu récupérer des affaires ». Ce monsieur qui habitait au quatrième, soit juste au-dessus du Airbnb de Jawad Bendaoud, n’a jamais pu retourner chez lui : « Une partie de ma vie est toujours au 48. » Pourquoi lui interdit-on l’accès à ses biens ? Sans doute l’argument officiel tient-il à la sécurité des lieux, mais cela n’explique en rien pourquoi ces gens sont abandonnés des autorités alors qu’on entoure de tant de soins et de précautions leurs bourreaux – je parle ici des « radicalisés » de tout poil et des djihadistes retour de Syrie dont on prétend sonder l’âme et le cœur.

Les habitants du 48 se sont rassemblés et N’goran Ahoua, réprésentant du collectif du 18-novembre-Saint-Denis, expliquait récemment au Figaro leur situation kafkaïenne : « Toutes les portes et fenêtres ont été cassées pendant l’assaut. L’humidité a tout pourri », disait-il. Un vrai casse-tête qui les prive d’indemnisation puisque les compagnies d’assurance « n’ont pas eu accès à l’immeuble pendant l’enquête de police » !

Résultat : « Après deux ans de tractation avec l’État, seul un préjudice subi dans le cadre de l’action sans faute des forces de l’ordre leur a été reconnu. »

Cinq habitants de l’immeuble de Saint-Denis ont été blessés dans cette nuit de folie. Les morts des attentats les ont envoyés aux oubliettes.

La moitié des habitants de l’immeuble, membres du collectif, sont aujourd’hui partie civile dans le procès qui s’ouvre. Espérons qu’enfin la justice leur rendra raison.

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