L’andouille de La Chapelle-sur-Vire mérite le label AOC


Auteur pour la télévision.

 

À La Chapelle-sur-Vire, pro et anti-migrants se font face. Côté « pro », l’ambiance fleure bon le punk à chiens… Chignons de rigueur pour les hommes et entrée gratuite pour les filles. Côté « anti », quelques drapeaux bleu blanc rouge agrémentés d’une « Marseillaise » s’agitent sous le regard placide d’une vingtaine de gendarmes préparés au pire. Qui n’a pas lieu. Seules quelques invectives viennent donner un peu de piment à cette fracture idéologique entre bonnes âmes très gentilles et bonshommes très méchants.

Si, dans le camp des « anti », on n’a pas eu le temps ou l’envie de confectionner des banderoles aux slogans pétaradants, il n’en va pas de même chez les « pros-migrants », qui ont mis un point d’honneur à illustrer leur pensée au travers de phrases chocs peinturlurées sur des draps hors d’usage… Ou des cartons, pour ceux qui ont préféré garder leurs linges de lit usagés pour moucher les premiers migrants qui arriveront enrhumés après ce long voyage en car non chauffé. (Un scandale !)

« Bienvenue à tous », clame un carton posé à terre. Tous ! Comme le mariage. Vous, moi, les autres, les sans-abri, les avec-abri, direction La Chapelle-sur-Vire, capitale de l’accueil, eldorado de l’andouille compassionnelle, nouvelle spécialité charcutière qui fait la fierté de la région.

Plus prosaïquement, deux jeunes hommes tiennent un bout de tissu sur lequel est inscrit « Solidarité avec les migrants ». « Et avec Goldman Sachs », ont-ils omis d’ajouter… Distraction ou manque de place ? Les deux protagonistes devront expliquer la raison pour laquelle ils n’ont pas mentionné les dirigeants de cet organisme bancaire avec lesquels ils partagent pourtant le même combat. L’andouille de La Chapelle-sur-Vire mérite le label AOC.

Puis nous passons au slogan plus fouillé.

À la générosité étalée sur deux mètres carrés de toile blanche : « Ici, la soupe est grasse. Partageons-là. ». Encore une spécialité de La Chapelle-sur-Vire : ses fontaines de soupe grasse. Curiosité touristique à ne manquer sous aucun prétexte. Les pro-migrants s’y baignent, les chiens aussi, le maire et tous les conseillers municipaux… Tandis que la population de ce pays s’enfonce, chaque jour, un peu plus dans la pauvreté, le pro-migrant, lui, patauge dans le potage. Ne pas partager ce miracle avec des Syriens venus tout droit d’Afrique du Nord serait, effectivement, odieux.

Pour les survivants de cette orgie culinaire, voici venir l’apothéose de la pensée sans-frontiériste. Le nec plus ultra, l’aveu, la phrase dessert qui met un terme à toute tentative de dialogue : « Métissons-nous. Le Blanc est sale. » Réflexion assez peu compréhensible au bout du compte, puisque rien n’empêche leurs auteurs, tous très blancs, de mettre un terme à leur existence et, par là même, de soulager la planète de deux ou trois représentants de cette race honnie. Des vagues d’auto-ratonnades sont à craindre. Au coin d’une rue sombre, couic, le « No Border » est capable de s’en prendre à lui-même. D’en finir avec cet être abject qu’il voit dans la glace. Il faut interdire la vente de miroirs. Bref, avec ce discours racial, le pro-migrant rejoint le militant du Ku Klux Klan. Elle est pas belle, l’andouille de La Chapelle-sur-Vire ?

Auteur pour la télévision.

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