François Fillon/Caroline Fourest : peut-être le coup d’un soir ?


Auteur pour la télévision.

 

Valérie Boyer, la porte-parole de François Fillon, apparaissait sur les écrans de télé avec une croix autour du cou. Quelques remarques de trois bobos effarouchés sur les réseaux sociaux et hop ! la croix a disparu. Cachée sous le pull cashmere, portée aux objets trouvés, au mont-de-piété. On ne sait pas. C’est la magie de la droite complexée. La droite music-hall qui mange son chapeau au lieu de sortir le lapin qui se trouve à l’intérieur.

Mais ne médisons pas. Quelqu’un a peut-être subtilisé ce petit symbole de la chrétienté. Un pickpocket habile a pu profiter d’un moment d’inattention de la porteuse de parole pour lui voler l’objet et le revendre sur Internet. Au profit d’Alain Juppé. Pour qu’il s’achète des mouchoirs.

Quelques heures à peine après la proclamation de la victoire écrasante de François Fillon, déjà, une croix disparaît. Ça commence mal. Faut-il recompter les églises ? Placer des antivols sur les calvaires ?

Par un phénomène inexplicable, l’homme politique de droite accorde une importance capitale aux commentaires d’une poignée de couillons auto-bombardés « intello de gauche » dont la majorité des Français ignore l’existence, dont tout le monde se fout éperdument, et qui représente une frange d’opinion qui préférerait tuer père et mère plutôt que voter pour lui.

Du paranormal à l’état brut.

François Fillon va-t-il nous faire du Sarkozy à la sauce sarthoise ? Gouverner les yeux rivés sur Le Monde et Libération ? Terrorisé à l’idée que quatre ou cinq journalistes – célèbres dans un rayon de 150 mètres autour du métro Odéon, salariés de journaux qui ne se vendent plus – puissent penser du mal de son action ? Brrrrr… Il en tremble. Vite, Valérie, cachez-moi cette croix, monsieur Libé nous regarde et madame Le Monde pourrait prendre ombrage.

Comme si l’avis de Caroline Fourest, qui s’est indignée de ce signe religieux sur Twitter, allait interférer en quoi que ce soit sur l’opinion de son électorat potentiel. L’influence de cette sphère-là est à la hauteur de l’importance que les gens de droite lui accordent. Pourquoi un François Fillon s’effarouche-t-il des états d’âme de Caroline Fourest ? Veut-il l’emmener danser ? Lui offrir un dernier verre dans sa garçonnière ? Envisage-t-il le « coup d’un soir », comme évoqué sur les affiches anti-VIH ? Si tel est le cas, quelqu’un doit lui dire de toute urgence que l’affaire s’annonce ardue. Que ses chances de conclure sont infimes. Sarkozy a passé cinq ans à faire la roue pour tenter de séduire le « Tout-Saint-Germain ». Il n’est arrivé à rien. Allons-nous repartir pour un tour sur ce mode incohérent ?

Les votants de cette primaire ont choisi Fillon pour ses quelques saillies teintées de « parler-vrai ». Cela étant, personne ne voit d’inconvénient à ce qu’il tente de coucher avec Caroline Fourest. Après tout, le défi est courageux. Sur la musique de Mission impossible, l’aventure peut tenir en haleine la France entière. Si, parallèlement à ce projet d’ordre strictement privé, il instaure une politique plus conforme aux intérêts du peuple, pourquoi pas ? Mais il aura été prévenu… Pour parvenir à ses fins, ce sera la croix et la bannière.

Auteur pour la télévision.

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