J’ai toutes les raisons de voter Macron… et pourtant…

Voyageur
 

Il est jeune, il est beau, il est brillant. Son intelligence est évidente, une sorte d’adaptabilité permanente qui lui fait se frayer un chemin qui le mène au sommet.

Elle a mon âge, ne ressemble pas à grand-chose, et l’on a vu mercredi soir que si elle était intelligente, elle le cachait rudement bien.

Économiquement, il correspond à tout ce que j’aime : il veut ubériser la société, faire tomber les dernières protections de ce Code du travail « que le monde nous envie » mais à cause duquel on n’engage plus personne, et surtout pas en CDI…

Elle, de son côté, raconte à peu près n’importe quoi dans le domaine économique, et lorsqu’elle est cohérente, c’est pour annoncer des mesures qu’elle ne pourra pas prendre, pour mon plus grand bonheur, car ils seraient un frein au business.

Il est définitivement du côté des gagnants du libéralisme. Elle est du côté des perdants, de ceux qui attendent des formations gratuites, voire payées chez Pôle emploi, de ceux qui font la queue à la CAF et qui regardent avec tristesse d’autres qu’eux bénéficier des minima qu’on leur refuse.

Pour mes entreprises et pour leur croissance, j’ai tout intérêt à ce qu’il soit élu. Je vois la société comme il la voit. J’adhère à son projet économique, qui est encore plus à droite que celui de feu François Fillon.

Pourtant, dimanche, c’est pour elle que je voterai.

Malgré la honte qu’elle nous a mise pendant le débat. Malgré ses rapprochements sociaux-économiques avec Mélenchon. Malgré ses revirements.

Malgré Dupont-Aignan, le Schtroumpf ridicule désormais collé à ses basques.

Malgré tout, je voterai pour elle.

Justement parce que la mondialisation me permet de faire du business ailleurs. Pas besoin de détruire mon pays pour ça.
Justement parce que je suis catholique, et que les perdants, ceux de la CAF et de Pôle emploi, je ne peux pas admettre que la société les laisse sur le carreau.

Justement parce que la France, ce n’est pas qu’une économie. C’est une nation, et donc un groupe qui, ensemble, partage une même idée, a envie de la même destination.

Oui, il y a deux France, particulièrement depuis la révolution de 1789. L’une considère que chacun est pour lui-même le centre de gravité ; elle s’appelle « humaniste », portant son amour de l’Homme au degré d’un dogme. L’autre considère que chacun est membre d’un tout qui le dépasse ; c’est la France transcendante, celle de Chateaubriand et de Gabrielle Cluzel. C’est la mienne.

Ne vous y trompez pas, ne croyez pas ce qu’on vous dit : ces deux France ne seront JAMAIS réconciliées. Elles peuvent s’accorder sur des détails, elles peuvent même toutes deux être républicaines, pourquoi pas… mais jamais sur l’essentiel elles ne trouveront de terrain d’entente. Sur l’essentiel, ce sera toujours une lutte à mort.

Alors, moi qui n’ai rien en commun avec elle, alors que j’ai tout en commun avec lui, sauf l’essentiel, dimanche, c’est pour elle que je voterai.

Parce qu’il faut impérativement arrêter la destruction de cette nation, de ce peuple, de cette épopée sous les Cieux qu’on appela jadis « France », du beau nom des Francs, ces esclaves enfin libérés.

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