L’allaitement maternel : que des avantages

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Médecin urgentiste et généraliste

 

Un très récent article de la célèbre revue médicale anglo-saxonne The Lancet nous apprend que l’allaitement maternel, s’il était généralisé, pourrait éviter le décès de 823.000 enfants et 20.000 mères chaque année. Cette enquête évalue également les économies réalisées par l’allaitement maternel (2,5 milliards de dollars aux États-Unis, 29 millions au Royaume-Uni, 223 millions en Chine et 6 millions au Brésil), liées à la réduction du coût des pathologies infantiles qu’il permettrait d’éviter si on le généralisait.

Ces chiffres sont, bien sûr, à prendre avec précaution, mais on sait depuis longtemps déjà que l’allaitement maternel évite de nombreuses maladies aux nourrissons qui en bénéficient, telles que les gastro-entérites ou infections ORL, car le lait de femme contient un grand nombre d’anticorps spécifiques qui protègent le bébé dont le système immunitaire est immature. Le lait maternel a aussi des effets préventifs antiallergiques. Aucun lait industriel ne peut égaler le lait de femme, dont la composition varie pendant la lactation pour s’adapter aux besoins du nouveau-né. Après l’accouchement, pendant environ une semaine, le lait humain (colostrum) a un profil biochimique très particulier bien adapté aux besoins de l’enfant, puis il se modifie pour progressivement arriver, vers le 14e jour, au « lait mature » dont la composition varie en fonction de l’heure de la tétée, ainsi qu’au cours de celle-ci, pendant laquelle il s’épaissit progressivement pour devenir beaucoup plus riche en lipides en fin de tétée.

Non seulement le lait maternel est, physiologiquement, parfaitement adapté aux besoins du nouveau-né, mais en plus, la succion renforce les liens affectifs entre la mère et l’enfant et favorise la sécrétion d’ocytocine, hormone responsable de la sécrétion lactée, qui déclenche également une sensation de bien-être. Certes, toutes les femmes ne peuvent pas toujours allaiter aussi longtemps qu’elles le désireraient, cependant des études statistiques montrent qu’un allaitement de 12 mois (dans la vie) réduit de 30 % le risque de cancer du sein durant la préménopause, et allaiter pendant au moins deux mois réduirait de 25 % le risque de cancer des ovaires.

L’OMS et l’UNICEF, conscients des avantages du lait maternel, surtout pendant les six premiers mois de la vie, ont lancé l’initiative « Hôpitaux amis des bébés » pour promouvoir et soutenir l’allaitement maternel. Ce label a été attribué à 16.000 hôpitaux dans 171 pays. En France, assez peu de maternités ont réussi à obtenir ce label, qui nécessite une implication motivée des médecins et sages-femmes.

Cette étude ne sera sans doute pas suffisante pour lutter contre la politique commerciale agressive des industriels qui, après avoir saturé le marché des pays riches, veulent pénétrer celui des pays émergents, mais elle aura au moins le mérite de démontrer, s’il en était besoin, le rôle essentiel de la mère dans « l’élevage » du bébé. La maternité ne se résume pas à la grossesse. L’allaitement (lorsqu’il est possible) valorise les liens qui unissent le nouveau-né à sa mère pour le plus grand bénéfice des deux, n’en déplaise à ceux qui voudraient ne considérer la femme, et son utérus, que comme un outil dont on peut disposer à volonté (cf. la GPA).

Désolé pour vous, Messieurs, mais le rôle du père dans les premiers mois de la vie, sans être négligeable, est loin derrière celui de la mère.

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