Irma : le Tonnerre arrive, mais un peu tard…

Historienne
 

Une simple image, vue à la télévision il y a deux ou trois jours, suffit à faire toucher du doigt l’état d’impréparation de notre pays devant la catastrophe naturelle qui a touché deux de nos îles antillaises. Il s’agissait du Tonnerre, dont l’imposante capacité d’emport permettait d’apporter à nos compatriotes désemparés de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin des matériels lourds et volumineux, nécessaires au déblaiement et à la remise en activité des services essentiels.

Hélas, plusieurs jours après le passage d’Irma, l’embarquement était loin d’être terminé et exigeait encore un délai important. Or, comme en témoigne d’ailleurs la situation moins difficile des habitants de la partie néerlandaise de Saint-Martin où des moyens importants avaient été envoyés avant le passage du cyclone, la puissance et la force d’Irma étant connues plusieurs jours d’avance, il aurait été possible de commencer plusieurs jours plus tôt à réunir les matériels à charger sur le Tonnerre et à charger celui-ci.

C’est ce qui rend d’autant plus intolérable le sourire satisfait (« Je suis satisfait de moi ») de M. Macron. Ce sourire rappelle une histoire vieille de précisément un siècle, quand un autre président de la République, Raymond Poincaré, se vit affublé du surnom « l’homme qui rit dans les cimetières » (quoiqu’il s’en soit défendu, prétendant qu’il n’avait pas ri dans le cimetière où reposaient des morts pour la France, mais grimacé à cause du soleil).

Pour les Antillais, M. Macron sera-t-il désormais l’homme qui sourit devant les décombres et les morts ?

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