Editoriaux - Politique - 9 mars 2015

Irak : la générosité des Français aide à la scolarisation de réfugiés chrétiens

L’été dernier, des centaines de milliers de familles chrétiennes fuyaient la plaine de Ninive prise d’assaut par l’État islamique et restée, depuis, entre leurs mains. Depuis sept mois, leur quotidien est l’incertitude : ils sont nombreux à vouloir quitter le pays, pour fuir cette énième menace, mais rêvent de rester sur la terre de leurs ancêtres.

Depuis l’invasion américaine en 2003, la survie de ces Irakiens chrétiens est menacée par un communautarisme dramatique et une injuste accusation venue des islamistes : ces chrétiens seraient les « collaborateurs » des Occidentaux « chrétiens »… C’est bien mal connaître l’Occident déchristianisé et devenu peu soucieux des chrétiens autochtones comme des chrétiens d’Orient, mais le fait est là. La menace est immense, plus encore depuis la proclamation du califat par l’État islamique.

Outre cette inquiétude sécuritaire, l’avenir des enfants inquiète légitimement bon nombre de parents : l’absence d’école arabophone et le nombre immense de réfugiés rendent effectivement impossible la scolarisation de tous ces enfants déplacés.

Le gouvernement français a fait de mauvais choix en armant les « rebelles syriens » et s’est engagé dans une lutte bien molle contre l’État islamique. Aligné sur la politique désastreuse américaine, il se soucie peu du quotidien des Irakiens (comme des Syriens voisins), et moins encore de celui de ces chrétiens menacés de disparition. Mais le pays réel s’est souvenu de sa vocation de défenseur des chrétiens d’Orient. En décembre dernier, le cardinal Barbarin se rendait à Erbil, auprès de ces réfugiés, accompagné d’une grande délégation lyonnaise.

La sensibilisation des Français à ce drame a porté ses fruits : le 28 juin prochain, l’école Saint-Irénée ouvrira ses portes à 800 mètres d’un camp de réfugiés, et accueillera 900 élèves du primaire et du secondaire. Un projet chiffré à 400.000 euros et financé par la fondation Saint-Irénée du diocèse de Lyon, la fondation Mérieux et la fondation Raoul-Follereau.

Le projet est énorme mais il n’est pas le seul. D’autres associations françaises œuvrent auprès de ces chrétiens en Irak. SOS Chrétiens d’Orient participe également à l’extension d’une école à Mangesh, petite ville de montagne dans laquelle 400 familles sont réfugiées, et la construction d’une autre à Erbil. L’association Fraternité en Irak soutient depuis des années une école de Kirkouk et organise chaque année des camps de vacances pour les enfants de la région. L’Œuvre d’Orient et l’Aide à l’église en détresse travaillent également, et depuis des années, auprès de ces populations persécutées.

Les chrétiens d’Orient sont parfois amers lorsqu’ils évoquent les choix politiques français dans la région. Ces associations, et à travers elles les centaines de milliers de Français généreux, rendent à la France son honneur en donnant à ces chrétiens des raisons très concrètes d’espérer…

L’école Saint-Irénée, comme celle de Mangesh, permettent également de faire travailler des déplacés considérablement appauvris depuis leur fuite. Ces derniers participent aux constructions mais également, ensuite, à l’enseignement. Condition nécessaire pour pérenniser les projets et les rendre finalement autonomes.

« C’est une réponse au désarroi des familles face à l’avenir incertain de leur pays et de leurs enfants », expliquait récemment au Figaro Alain Mérieux, président de la fondation éponyme.

Une nécessité aussi vitale que les aides alimentaires ou médicales, puisqu’elles permettent à ces centaines de milliers de réfugiés d’espérer un avenir pour leurs enfants sur leur propre terre, berceau du christianisme.

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