Editoriaux - International - 30 octobre 2018

International : après l’élection de Bolsonaro, quid des BRICS ?

Par l’acronyme BRICS, on désigne cinq pays émergents qui talonnent la vieille Europe, les États-Unis et le Canada, en termes de puissance économique et politique : Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud. Outre leurs performances économiques, existe-t-il d’autres points communs ou, au contraire, des différences telles que le concept même de BRICS pourrait finir par disparaître du vocabulaire géopolitique ?

Avec l’élection de Bolsonaro au Brésil, la questions se posera tôt ou tard car ce nouveau président, encore plus atypique que Donald Trump, a eu des mots durs et vrais contre la Chine. D’ores et déjà, il a manifesté plus d’affinités économiques, religieuses et politiques avec son homologue yankee qu’avec Xi. Au demeurant, l’Inde n’a pas de bonnes relations avec la Chine, tant pour des raisons militaires et frontalières que sur le plan de la concurrence économique.

Les BRICS, utilisés par la Chine comme instrument de puissance et de lobby géopolitique, se sont dotés, à son instigation, d’institutions financières au sommet de Fortaleza en 2014 (banque et fonds de réserve de Shanghaï), se voulant une alternative au FMI avec, bien sûr, une extension de la puissance diplomatique chinoise en Amérique du Sud et en Afrique.

Les BRICS sont aussi manipulés et dirigés politiquement par la Chine, dont le PIB constitue 45 % du total cumulé des PIB. La Chine refuse toutes les demandes émanant des pays membres, notamment sur le cours du yuan-renminbi, la modération des exportations ou des investissements, ou l’attribution de sièges au Conseil de sécurité. Elle refuse aussi d’admettre les candidatures des pays demandeurs d’adhésion, comme le Mexique, l’Argentine, l’Indonésie, la Corée du Sud, ce qui diluerait sa présence prééminente.

Les pays BRICS ont quelques points communs, positifs ou négatifs, mais aussi des intérêts divergents qui semblent tellement devoir s’aggraver que la survie de cette coalition floue n’est pas certaine à l’horizon de la décennie qui vient. Tous ces pays ont d’immenses territoires, parfois encore sauvages, et connaissent des difficultés interethniques ou des castes. Excepté l’Inde et la Chine, ils sont de culture chrétienne. Excepté la Chine, ils sont plus ou moins démocratiques. Ils étaient tous favorables à une libération du commerce mondial. L’élection de Bolsonaro, succédant aux gauchistes Lula-Rousseff et à l’intermède centriste honni de Temer, pourrait priver les BRICS de leur première lettre…

Quant à la seconde lettre, le R de Russie, elle dépend de l’intelligence des Européens (!), notamment de la France (!). Mais aussi – et peut-être surtout – du résultat des midterms aux États-Unis. Dans une semaine, le 6 novembre. Si le président Trump est récompensé de ses considérables succès économiques, internationaux et diplomatiques, il aura les mains libres pour reprendre le dialogue avec la Russie, dialogue un temps interrompu du fait des suspicions largement étalées dans une partie des médias acharnés à sa perte, toujours en deuil politique de Hillary Clinton. La question de l’Ukraine et, à un degré moindre, celle du Moyen-Orient seront sur la table du futur sommet russo-américain. Merkel politiquement décrépite, Macron seul est décrédibilisé, May empêtrée dans le Brexit ne pèseront rien. Sans parler de l’impensable Juncker. Or, l’Ukraine procède à des élections présidentielles, capitales pour son avenir, le 31 mars 2019. Si un modus vivendi interne est construit (régionalisation respectueuse des identités et des désirs de démocratie) et si un accord États-Unis-Russie-Union européenne cesse de faire de ce pays un enjeu tiraillé entre l’Est et l’Ouest (pas d’adhésion à l’OTAN ni à l’Union européenne), la Russie cessera de faire son chantage à la Chine (Organisation de coopération de Shanghaï, manœuvres militaires russo-chinoises gigantesques) et reviendra à son tropisme affectif européen et chrétien.

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