Interdiction de la fessée : le totalitarisme compassionnel a encore frappé !

Satiriste polémiste
 

Dans la nuit du 1er au 2 juillet, une poignée de députés a voté un amendement à la loi « égalité et citoyenneté », un gros fourre-tout qui permet aux plus sectaires gauchistes de transcrire dans le Code civil ou pénal leurs élucubrations idéologiques de post-soixante-huitards gâteux. Reprenant la proposition du député F.-M. Lambert, dont les initiales sont déjà tout un programme, ces parlementaires des groupes socialiste, écologiste et républicain ont entériné en catimini l’interdiction de « tout recours aux violences corporelles » dans l’éducation des enfants.

Certes, au grand dam des lobbies libéraux-libertaires qui sévissent à l’ONU et au Conseil de l’Europe, la fessée n’est pas explicitement mentionnée, mais la formule est suffisamment vague pour que la loi puisse punir aussi bien d’authentiques bourreaux d’enfants que de braves pères de famille soucieux de donner une solide colonne vertébrale à leurs enfants. Ce confusionnisme n’est pas sans rappeler la législation routière qui conduit la justice à traiter d’honnêtes citoyens plus durement que d’authentiques criminels. Mais cet amendement porte surtout la marque de ce totalitarisme compassionnel qui dissout les sociétés humaines les unes après les autres.

Totalitarisme peut sembler un grand mot. Ce terme, pourtant, ne désigne pas un régime dictatorial mais un système politique qui prétend régenter la totalité de la vie économique et sociale d’une nation, jusqu’à la vie privée et la pensée des citoyens. Loi après loi, ce totalitarisme soft progresse depuis plus de 40 ans et semble accélérer ses offensives. Que l’on songe aux récentes attaques du gouvernement contre la liberté de l’enseignement et au saccage méthodique de l’enseignement public : l’idéologie se substitue de plus en plus visiblement à l’instruction et la propagande progresse sur les ruines du savoir. Avec l’interdiction de la fessée, le piège se referme : vous n’êtes plus libre d’aider vos enfants à se construire et l’État se charge de les déconstruire.

Ce totalitarisme-là prétend s’opposer aux totalitarismes des années 30. Ce n’est donc pas un totalitarisme brutal. Ce n’est pas Big Father, pas même Big Brother : c’est Big Mother ; c’est au nom de la compassion que l’on nous aliène et que l’on détruit intérieurement la société et l’être humain. La fessée, c’est désagréable, alors il faut l’interdire, quand bien même cette interdiction conduirait à fabriquer des générations de déséquilibrés, de délinquants et de suicidaires. La prison, c’est un univers terrible, alors il faut laisser sortir les pires criminels, et tant pis pour leurs futures victimes. L’égoïsme, ce n’est pas bien, alors il faut accueillir des millions d’immigrés clandestins sans chercher à distinguer les authentiques réfugiés politiques des partisans de l’État islamique. Ce totalitarisme-là ne met pas en place un ordre impitoyable, il provoque un désordre monstrueux.

Ce totalitarisme n’a pas d’armée régulière. Il possède quelques milices comme les autoproclamés antifascistes, mais il progresse surtout par le contrôle des finances, des médias et des institutions, parfois à l’échelle planétaire. Il est, d’ailleurs, frappant de constater que l’interdiction de la fessée se diffuse comme le mariage gay. Tout commence par un discours compassionnel sur les souffrances morales des homosexuels rejetés ou des enfants battus. Puis cela se poursuit par des campagnes de presse de plus en plus rapprochées. Ensuite vient la pression des associations et des organisations internationales – l’Inter-LGBT ou le Comité des droits de l’enfant de l’ONU – puis l’adoption de la loi transgressive par un pays pionnier – Suède ou Pays-Bas, par exemple. Enfin, l’exemple se diffuse méthodiquement et l’on peut commencer à présenter comme ringards les États qui n’ont « pas encore » adopté le mariage gay ou l’interdiction de la fessée.

Le problème, c’est que cela commence à se voir, et que le citoyen, tout brave ou tout abruti qu’il est, n’aime pas bien que l’on s’attaque à sa famille.

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