Informations : l’indicible porte de sortie

Entre des sources alternatives de qualité très variable et des médias ayant pignon sur rue aux ordres (mais de qui ?), le citoyen lambda qui serait encore soucieux de s’informer est mal loti. Gober la doxa du pouvoir officiel et de ses donneurs d’ordres ? Elle a parfois un goût ranci de Propagandastaffel. Fouiller le maquis du Web à la recherche des infos ? Il s’y trouve le meilleur comme le pire. Rares y sont les sources complètes, homogènes, suffisantes, et rares aussi sont les éditeurs vraiment indépendants.

La confiance est rompue entre le public et les journalistes et médias, les études sociologiques le démontrent : les journalistes côtoient, sur le banc d’infamie de l’opprobre plébéienne, les politiques et les syndicalistes. Cela n’altère en rien l’arrogance de certains d’entre eux qui poursuivent, sous les projecteurs, la diffusion de leur bien-pensance compatible avec les objectifs des propriétaires et des annonceurs. La déontologie n’est, dans la plupart des cas, qu’une variable d’ajustement. Être paranoïaque face à son journal papier, sa télévision, sa radio ou une page Web officielle est donc salutaire et indispensable, mais c’est fatigant, à la longue. Ce n’est guère mieux avec le « dark Web » de la « réinfosphère » et des réseaux sociaux : pléthore de sites, pas de moyens suffisants pour contrôler l’information, et souvent des biais idéologiques qui se manifestent au mépris de la vérité factuelle ou de la rigueur analytique.

Aujourd’hui, pour la presse écrite sur du papier, le citoyen-contribuable doit faire un triste constat : la diffusion payante des médias classiques est très insuffisante pour atteindre le seuil de rentabilité, et les finances publiques pallient cette carence dans des proportions colossales. Ajoutée à la niche fiscale dont bénéficient les journalistes, l’ardoise est lourde. La solution de bon sens apparaît comme évidente : il faut couper toutes les subventions qui relèvent de l’acharnement thérapeutique pour ces pauvres journaux en fin de vie. Et si les journaux se mettent, les uns après les autres, en liquidation judiciaire, tant pis ! De nouveaux titres émergeront, peut-être, qui sauront que l’on juge un arbre à ses fruits.

Des journalistes seraient mis sur la paille avec cette méthode ? Certes. Rien de plus normal. Mais est-ce plus moral de gaspiller de l’argent public pour qu’ils ne soient plus lus que par un lectorat en peau de chagrin, et qu’ils pontifient ad nauseam sans jamais se remettre en cause ? Un journaliste ne devrait jamais pouvoir être fonctionnaire, ces deux statuts devraient être mutuellement exclusifs.

Que faire d’une agence de presse idéologisée comme l’AFP ? Une fois que plus aucun de ses effectifs ne pourra prétendre à un statut relevant du fonctionnariat, une fois transformée en société normale, il faudra, là aussi, trancher dans le vif, soit en vendant s’il se trouve un acquéreur, soit en la laissant faire faillite parce qu’elle n’aura pas réussi à se financer par son activité.

Enfin, pour l’audiovisuel, public ou non, il faudrait qu’un jour les mots dont se gargarisent ces médias (éthique, pluralité, ouverture, neutralité, déontologie) fassent l’objet de contrôles pour de vrai, avec des sanctions qui font mal. Jusqu’à supprimer la concession de fréquence si cela se révèle nécessaire.

L’objectif n’est pas de faire, des journalistes et des médias, des boucs émissaires, mais seulement de constater que l’heure est à la chirurgie, pas à l’homéopathie. Bien-pensance oblige, aucun homme politique qui briguerait un mandat ne peut inscrire cela dans son programme.

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