Editoriaux - Sport - 24 avril 2015

Incendies de véhicules : stratégie de tension

Certes, les incendies volontaires de véhicules sont moins tragiques et moins médiatiques que les tentatives d’assassinats, mais ne font-ils pas partie de manière identique d’une stratégie de tension dans un but d’exaspération des citoyens qui voient partir en fumée, avec leur véhicule, une part de leurs économies ?

Par exemple, examinons le nombre d’incidents de ce type durant cette semaine :

À Lesneven (29), quatre véhicules incendiés entre minuit et 4 h, puis trois autres quelques jours plus tard, toujours dans le centre-ville, en trois endroits différents. En une année, une trentaine de voitures ont connu le même sort, toujours la nuit et dans l’hyper-centre ou ses alentours.


À Brest, trois voitures brûlent vers 3 h 30 rue Delacroix. Le feu est volontairement mis à une première voiture, puis les flammes atteignent les deux véhicules les plus proches.

À Château-du-Loir, dans la nuit, quatre voitures brûlent en plein centre-ville. L’incendie a lieu sur un petit parking, à proximité immédiate de la mairie. Les pompiers interviennent vers 1 h 50 pour éteindre le feu. Ce ne sont ni des Mercedes ni des BMW mais de simples Renault, SEAT et Peugeot qui flambent. Suite à ces incendies, des gendarmes se rendent sur place afin d’effectuer des analyses de ce qui semble être un acte volontaire. Pour l’heure, l’origine de ces destructions n’a pu être déterminée.

À Poitiers, le parquet a ouvert une enquête sur l’incendie volontaire d’une voiture devant le commissariat de quartier des Couronneries, quartier « sensible » de la ville. Arrivés sur place peu après minuit, les pompiers découvrent un véhicule en flammes qui avait été volontairement garé sous les arcades d’une place piétonne, juste devant le commissariat annexe. La façade du bâtiment est fortement endommagée par les flammes. Les premiers éléments de l’enquête ont révélé qu’il s’agissait d’une voiture volée dimanche.

À Alençon, onze voitures ont brûlé et trois personnes ont été intoxiquées. Près de quarante pompiers ont été obligés d’intervenir dans le centre-ville. L’un des incendies s’est propagé à une maison d’habitation où trois habitants ont été incommodés par les fumées. Deux voitures avaient déjà brûlé il y a quelques jours dans un autre quartier. 

Ce n’est pas un hasard si ces embrasements ont lieu dans de petites villes de province qui, jusqu’à ces dernières années, n’étaient pas touchées par ce genre de « sport nocturne ». Il est, en effet, plus facile de craquer une allumette que de tirer à la kalachnikov, mais tout aussi enivrant.

Voilà des crimes « ordinaires » qui sont passés sous silence. Normal : ceux-ci ne touchent que les classes populaires à travers leurs voitures hors d’âge non cotées à l’argus.

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