Culture - Editoriaux - Sciences - 28 avril 2015

INA : pour la création d’un nouvel ordre national, celui de la Dépense publique

Rien n’est trop beau pour les nantis de la République, les hauts fonctionnaires. En mars dernier, Le Canard enchaîné nous apprenait que l’ancien PDG de l’INA éprouvait le besoin d’être conseillé pour soigner et améliorer son image. Le besoin devait être grand puisqu’en quatre ans, c’est plus d’un million d’euros qui ont été nécessaires.

En ce début de semaine, nous apprenons que la nouvelle directrice de l’INA a accumulé 40.000 euros de frais de taxi en dix mois de présidence. Voilà une belle performance et on comprend mieux pourquoi la direction de l’INA est un poste si convoité : certes, le travail y est harassant et les responsabilités énormes, mais les caisses sont bien pleines et l’État n’est pas trop regardant sur la manière dont cet argent est dépensé.

Il est vrai que cet argent n’appartient à personne puisque c’est de l’argent public.

Une rapide recherche sur cette dame permet de constater qu’elle a eu un parcours exemplaire de haut fonctionnaire, tel que notre pays sait si bien en produire. Sciences Po Paris, École nationale d’administration (promotion « Solidarité », au sens socialiste du terme, c’est-à-dire « être solidaire avec l’argent des autres en commençant par faire preuve de solidarité envers moi-même, puis mes parents, puis mes amis »), période de mobilité au Conseil d’État, puis poste de responsabilité au ministère de la Culture du gouvernement Jospin.

Là, elle apprend le métier puisqu’elle est conseillère budgétaire puis directrice adjointe de cabinet de madame Trautmann, alors ministre de la Culture. Au vu de ses performances actuelles en matière de gestion, on imagine les précieux conseils budgétaires que devait donner cette brillante énarque.

Directrice générale de la BNF, directrice générale du Centre Georges-Pompidou, elle espérait obtenir un poste de directrice de cabinet qu’elle n’obtint pas après l’élection présidentielle de 2012.

Pour ces éminents services rendus à la République, elle est nommée dans les deux ordres nationaux, Légion d’honneur et Mérite, et promue au grade d’officier dans chacun d’entre eux. Par ailleurs, en témoignage de ses hautes responsabilités dans le domaine culturel, elle est élevée au grade de commandeur des Arts et des Lettres.

Une carrière exemplaire, donc, et largement reconnue par ces brillantes décorations.

Reste à récompenser sa capacité à dépenser l’argent public, chose pour laquelle elle possède visiblement de magnifiques qualités qui méritent largement d’être citées en exemple. Je propose donc la création d’un nouvel ordre, celui de la Dépense publique. Certes, pour l’instant elle ne serait faite que chevalier, mais les plus grands espoirs lui sont permis. Et puis il y aurait tellement de monde à récompenser, tant au sommet de l’État que dans nos collectivités territoriales. Sûr que la liste des impétrants serait longue…

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