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Immigrationnistes et libertariens : le commando Macron 

Ancien député européen, essayiste.

Président de Polémia.

 

Avec la démission spectaculaire du général de Villiers, Macron a encaissé un but. Son autorité sur l’armée est fragilisée. 

Raison de plus pour verrouiller son pouvoir sur l’administration. C’est en cours. 

Onze proconsuls ont été mis en place en charge de onze secteurs clés. Onze conseillers spéciaux auprès et du président de la République et du Premier ministre. 

Un cumul de fonctions qui devrait donner à ces proconsuls une grande autorité sur l’administration. Ainsi qu’une certaine marge de manœuvre.

Une marge de manœuvre qu’ils utiliseront au service d’une idéologie bien précise : immigrationniste sur l’identité, libertaire sociétalement et économiquement favorable aux grandes entreprises. 

Classiquement, ces onze proconsuls sont issus de Normale, de Polytechnique, de l’ENA. Classiquement, toujours, l’Inspection générale des finances et le Corps des mines sont très présents.

Ces proconsuls sont encore jeunes, âgés de 30 à 35 ans, ce sont des benjamins pour Macron, mais avec une dizaine d’années d’expérience.

Une expérience qui indique dans quel sens ils vont agir.

Voici les traits les plus saillants qu’on peut discerner dans la mesure où leur engagement passé est le gage de leurs actions futures. 

Tristan Barrès, qui s’occupera du logement, vient du cabinet du maire de Paris et des cabinets des précédents ministres du Logement. Il a rédigé les décrets d’application de la loi ALUR et conçu la loi « Égalité et Citoyenneté », deux textes liberticides et immigrationnistes.

Une philosophie partagée par Constance Bensussan, chargée de la « pauvreté, de l’exclusion, de l’égalité femmes/hommes et la citoyenneté ». Une mission très idéologique confiée à une commissaire politique en provenance directe de la DILCRA, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme : une officine chargée de traquer les dissidents de la pensée.

En contrepoint, Marguerite Cazeneuve aura en charge la protection sociale, où elle apportera l’expérience d’une vision comptable.

Côté transports, Jimmy Brun (pour le fer et la route) et Pascal Confavreux (les aéroports) ont un passé de militant des privatisations.

On trouve à l’environnement Diane Simiu, une spécialiste des marchés carbone. Elle devra coopérer avec deux ingénieurs des mines en charge de l’énergie (Thibaud Normand) et de l’industrie (Jonathan Nussbaumer). 

Côté économie, Laurent Martel est un IGF venant du cabinet de Cahuzac et, surtout, spécialiste de la fiscalité des entreprises. La diplomatie économique est confiée à Charles-Henri Weymuller, un spécialiste des accords bilatéraux et de libre-échange, passé par la banque d’affaires Morgan Stanley. Enfin, last but not least, Cédric O est en charge des « participations de l’État ». Un poste clé en matière de stratégie économique et industrielle pour ce strauss-kahnien, devenu le trésorier d’En Marche ! Au risque (ou dans l’espoir ?) de se trouver placé en situation de conflit d’intérêts lorsque des gens dont il aura sollicité la générosité pour son parti et la campagne de Macron solliciteront, en retour, l’intervention (ou la non-intervention) de l’État. Et les enjeux sont, là, mille fois supérieurs à ceux de tel ou tel « emploi familial » ! Ce qui confirme que la loi de « moralisation » relève du pur enfumage. 

Le schéma politique est clair : poursuite du sans-frontiérisme commercial, migratoire et moral. Volonté de maîtrise budgétaire et de contrôle du déficit. Politique favorable aux grandes entreprises.

Macron fera ce pour quoi les grands lobbys l’ont choisi et fait élire. Il le fera lui-même en tenant la bride serrée à son administration par le biais de proconsuls judicieusement choisis. Les ministres seront priés de faire de la figuration intelligente.

Président de Polémia.

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