Immigration : quand BHL assène des contre-vérités

Désolé pour Arielle Dombasle, qui trouve que Bernard Henry-Lévy a un « visage de Christ tourmenté » : en l’occurrence, il se comporte plutôt en idiot du village ou, pire, en démagogue impénitent. Il a prétendu, sur un plateau de télévision, dimanche dernier, qu’« il n’y a pas de crise des migrants. Le solde migratoire, comme disent les démographes ou les économistes, est nul. » Il peut l’affirmer, puisqu’il a la caution de Jacques Toubon, Défenseur des droits ! Malheureusement pour ces deux sommités, le raisonnement est faux. Jacques Toubon, comme l’a suggéré Nicolas Dupont-Aignan, « devrait prendre sa retraite » et BHL cesser de se prendre pour un prophète.

Le solde migratoire est défini par l’INSEE comme « la différence entre le nombre de personnes qui sont entrées sur le territoire et le nombre de personnes qui en sont sorties au cours de l’année. Ce concept est indépendant de la nationalité. » Pas grand-chose à voir avec la crise des migrants. Tous les spécialistes savent que c’est un bien piètre indicateur de l’immigration étrangère. Mais ce raccourci péremptoire dispense d’explications et vise à faire passer ceux qui s’inquiètent du flux incontrôlé des migrants pour des fauteurs de peur et d’incorrigibles xénophobes.

Si l’on y regarde de plus près, les analyses de l’INSEE montrent que, depuis 2006, le nombre d’entrées d’immigrés a progressé. Selon l’Eurostat (statistiques européennes), 4,7 millions de personnes ont migré, en 2015, vers l’Union européenne, soit presque un million de plus qu’en 2014 (3,8 millions). Parmi ces 4,7 millions, 2,4 millions proviennent de pays tiers extérieurs à l’Union européenne, ce qui fait un chiffre considérable, d’autant plus qu’il est difficile de comptabiliser les mouvements à l’intérieur de l’espace Schengen et, par définition, les clandestins.

On entend souvent objecter que le pourcentage d’immigrés accueillis chaque année est infime par rapport à la population européenne. On oublie de préciser que, comme les petits ruisseaux font les grandes rivières, de faibles pourcentages accumulés finissent par devenir importants. D’autant plus que rien n’est sérieusement mis en œuvre pour maîtriser ces flux migratoires et pallier leurs causes, qu’elles soient politiques, économiques ou climatiques.

Ce problème est trop sérieux pour être traité avec simplisme ou par des formules sentencieuses. L’immigration, en France et en Europe, a toujours existé. Mais quand elle se combine avec l’expansion de l’islamisme, on ne peut pas la considérer comme un phénomène anodin. S’il n’y a pas d’assimilation des nouvelles populations, c’est l’identité même d’un pays qui peut être mise en cause. Certains, adeptes du multiculturalisme, estiment que c’est sans importance, que l’identité se modifie constamment ; d’autres, qu’un pays risque de perdre sa cohésion et de ne plus se reconnaître, quand il perd progressivement ses racines et sa culture.

BHL, ce normalien reçu huitième à l’agrégation de philosophie, avait tout pour devenir un brillant chercheur ou un grand professeur des universités. Mais il se prend trop au sérieux et s’est laissé submerger par son narcissisme, sa vanité, son goût de plaire et de faire parler de lui. Que ne revient-il pas aux fondements de la philosophie pour se consacrer à la recherche de la vérité ! Au lieu de s’étonner, il sermonne ; au lieu de tâtonner, il récite son catéchisme de la bien-pensance. Ce n’est pas un philosophe, c’est un doctrinaire qui croit que sa notoriété lui permet de tout dire sans être démenti, un moralisateur, un père la vertu : il a gâché son talent.

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