Ils aiment Marguerite, son clip « Les gentils, les méchants ». Mais…

Car il y a un mais...

Ce 5 janvier, L’Obs salue la performance de Marguerite, « une jeune chanteuse de jazz qui cartonne, avec une reprise inspirée de la chanson de Michel Fugain “Les gentils, les méchants” ». Succès mérité, reconnaît Konbini, un site d’« infodivertissement », qui applaudit les « douze personnes, enfants, ados et adultes confondus, […] bourrés d’entrain » que le clip met en scène. Mais… car il y a un « mais ». Un gros « mais ». Un truc infect, putride ou même carrément pourri, qu’ils n’auraient sans doute jamais imaginé chez cette Marguerite si jeune et si fraîche dans son gilet jaune.

« Controversé », « le clip a été taxé d’antisémistime », expliquent d’abord deux journalistes de Konbini qui, consciencieux, ont aussitôt « voulu y voir plus clair ». Les conclusions de leur enquête (un quart d’heure de lecture des réseaux sociaux, pause café comprise ?) concordent précisément avec celles de L’Obs : « En cause, sa dédicace de la chanson à “BHL et Cohn-Bendit” et une phrase dans laquelle elle dénonce “l’ENA, Rothschild, Bercy” ». Les deux journaux citent la défense publiée par la jeune femme : « Je fais une dédicace à BHL et Cohn-Bendit, car BHL a discrédité le mouvement des gilets Jaunes dès le début, et Daniel Cohn-Bendit s’est offusqué de leur “violence”, lui, le révolutionnaire, symbole de mai 1968 […] Quant à “l’ENA, Rothschild, Bercy”, c’est une métaphore pour désigner Emmanuel Macron, puisqu’il s’agit de son parcours. » Effectivement, l’explication se tient. Circulez, y a rien à voir. Marguerite ne fait manifestement pas partie de ces « gilets jaunes qui voudraient que les Juifs portent l’étoile jaune » dénoncés par Benoît Rayski dans Atlantico le 23 décembre.

Qu’à cela ne tienne. « Piqués au vif » (sic), les deux journalistes de Konbini poursuivent leurs investigations. « Qui est donc Marguerite ? Pourquoi ce clip ? Derrière cette vidéo, visionnée un grand nombre de fois dont le public ignore la genèse, y aurait-il une quelconque idéologie sous-jacente ? », s’interrogent ces probables fans de « Faites entrer l’accusé ». C’est qu’« en creusant un peu le compte Facebook perso de Marguerite », ils ont « [découvert] des affinités avec des groupes anti-avortement, mouvances cathos tradis ». Et se sont tout naturellement, donc, « demandé s’il fallait relire cette vidéo virale autrement ». Réponse de l’intéressée : « Non, le clip ne fait aucune allusion à la religion. » Poursuivant l’interrogatoire avec la même implacable absence de logique, ils insistent : « Mais on peut quand même être très catho et pro-gilet jaune ? » « Peut-on par exemple être gilet jaune et avoir défilé, quelques années plus tôt, dans la Manif pour tous ? » Peine perdue : « Les confidences s’arrêteront là », déplorent-ils. Même regret chez L’Obs, qui révèle quant à lui que la chanteuse « apparaît également en 2014 dans le clip d’une chanson anti-mariage pour tous ». Irrémédiablement damnée, cette Marguerite qui a naguère vendu son âme au diable de la Manif pour tous ? Non car, elle l’avoue, ses « opinions bougent, avec plus de questionnements que de certitudes ». Ouf, nos Cauchon de la bien-pensance ont pu lui épargner le bûcher. Preuve qu’il ne faut pas désespérer de l’humanité et qu’il y a encore de « gentils méchants ».

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