Il fallait oser : François de Rugy reproche à une députée mère de soldat son manque d’empathie pour les forces de sécurité…

Ils pourraient n’être que mauvais mais, pour leur défense, force est de reconnaître qu’en plus, ils n’ont pas de chance. La scène se passe à l’Assemblée. François de Rugy fait la leçon à une députée de La France insoumise, lui reprochant sèchement de n’avoir eu aucun mot de « soutien », lors de sa question, pour les « forces de police et de sécurité ».

Caramba, mauvaise pioche ! Cela ne pouvait plus mal tomber. La députée en question proteste avec indignation, et on la comprend : son fils est soldat et revient du Mali. Et c’est à elle que l’on dit cela !

Caroline Fiat (c’est son nom), un beau nom évocateur, pour les gens comme moi, en cette période de Noël. M’est avis, cependant, je ne sais pourquoi, que nous ne sommes pas de la même chapelle. En temps ordinaire, je n’ai guère de sympathie pour LFI et ses postures affectées de prolétaire se limitant le plus souvent à un peu de coquetterie vestimentaire, comme son dédain bruyant de la cravate.

Mais on ne peut accuser Caroline Fiat d’être un gilet jaune d’opérette. Députée de Meurthe-et-Moselle, elle est née dans la Meuse, à Verdun, petite ville de l’Est qui n’attendit pas la bataille du même nom pour écrire l’Histoire de France – elle est l’un des « trois évêchés » – et que le mondialisme, la postmodernité ont sinistrée aussi sûrement que la Grande Guerre. Qu’est devenue sa si commerçante rue Mazel ? Comme dans nombre de sous-préfectures de la France périphérique, de riantes fresques murales témoignant des heures de gloire passées tentent de cacher pudiquement dans l’hyper-centre – comme disent les rares agents immobiliers encore présents – les vitrines tristement fermées dans une sorte de thanatopraxie urbaine.

Aide-soignante, Caroline Fiat a travaillé en EHPAD, et l’on peut dire sans hésiter que, dans la sédimentation des indignations devenant, au fil des mois, ce terrifiant mur de colère auquel se heurte aujourd’hui Emmanuel Macron, le voile levé sur le traitement de nos personnages âgées, les témoignages de personnels épuisés, déchirés et culpabilisés ont lourdement pesé.

Elle milite pour l’euthanasie. C’est d’une tristesse infinie. Quel est donc ce pays où le soignant dévoué auprès des personnes en fin de vie est si désespéré de ne pas les voir – de ne pas se voir soi-même aussi, tant il est fatigué – soulagés, qu’il ne voit d’autre issue que de les supprimer ?

Pourtant, elle semble décidée à se battre pour que continue à vivre sa France moribonde. Pourquoi, sinon, aurait-elle embrassé la cause des gilets jaunes ?

Fiat. C’est le nom que pourraient porter toutes les mères des soldats qui partent à la guerre – et il y en a beaucoup, d’origine fort modeste, dans ces régions de l’Est où fleurissent, ligne bleue des Vosges oblige, encore tant de régiments suscitant par leur simple présence de belles vocations. Parce qu’il n’y a rien d’autre à faire que prier ou croiser les doigts pour celles qui ne croient pas, et dire « ainsi soit-il ».

Pardon, mais quelles leçons d’empathie et de don pour son pays pourrait lui donner le bourgeois nantais François de Rugy, dont le discours, à l’instar de celui d’une Amélie de Montchalin, semble droit sorti du guide « Réussir son oral d’école de commerce », avec le supplément détachable « Toutes les esquives passe-partout pour questions pièges » ?

Le radical du Cantal Paul Doumer et le très catholique général de l’Aveyron Édouard de Castelnau, que tout semblait séparer, partageaient pourtant le sacrifice pour la France de leurs fils. C’était ainsi que se cimentait autrefois, malgré toutes les dissensions, l’unité nationale.

Mutatis mutandis, une union de la carpe et du lapin est peut-être en train de se faire – à l’instar de l’Italie ? – entre ceux qui ont les deux pieds dans la vraie vie et dont le gilet jaune est à la fois symbole de leur cocufiage passé et de l’appel de détresse envoyé depuis le bord de la route en rase campagne où on les a laissés.

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