Miss France

Une idée pour en terminer avec l’insupportable machitude des concours Miss France…


Docteur d'Etat en droit public, avocat, maitre de conférences des Universités

 

Miss France, c’est comme le Tour de France : on en connaît déjà par cœur les échappées et les remontées. Mais on ne s’en lasse pas.

Pourtant, nos dirigeants s’inquiètent. Le but du quinquennat, c’est d’agir pour l’égalité homme/femme. Est-ce bien compatible avec ce concours de Miss ?

On a tout faux, en fait.

Déjà, « miss », c’est « mademoiselle », en français. Or, en dehors d’Emmanuel Macron, qui en use joliment – mais il dit aussi « poudre de perlimpinpin », alors… -, personne n’a plus le droit d’utiliser ce joli mot.

Et « France » ? France, c’est… rance ! C’est plein de Blancos, comme dirait Manuel Valls. Une Miss France « décoloniale », sinon rien ! Du reste, la nouvelle Miss France, Maëva Coucke, issue du Nord-Pas-de-Calais – qui avait mis en tête des régionales Marine Le Pen, ne l’oublions pas -, a déjà « dérapé »… Interviewée sur son abondante chevelure rousse par Jean-Pierre Foucault, grand maître de la cérémonie de remise des prix, elle a dit : « Après une blonde, une brune, une crinière de lionne, une rousse pourquoi pas ? » La « crinière de lionne », c’était la coiffure « afro » de Miss Guyane, sacrée Miss France l’an dernier. Les réseaux sociaux n’ont pas tardé à réagir. Un, les lionnes n’ont pas de crinière. Deux, les Guyanais ne sont pas des animaux. De quoi lui clouer le bec, à Maëva. Enfin, si elle en avait un. Car elle non plus n’est pas un animal…

Et puis ces maîtresses en maillot de bain, « c’est bien gentil », comme dirait OSS 117, mais elles montrent des morphologies outrageusement féminines. Où est la barbe de Conchita ?

Et comme le dit Marlene Schiappa, « les concours de beauté donnent une représentation figée de la beauté. Dans ce genre d’élection, les profils ne sont pas assez variés. Être belle, ce n’est pas seulement être jeune, mince et valide. »

En effet, pas une seule grosse dans ce concours de Miss. La grossophobie érigée en institution !

Mais allons plus loin : la femme ne doit-elle servir qu’à être belle ?

Est-ce qu’on choisit les Femen en fonction de leur séduction ? Diable, non ! Gros ou petits seins, dressés ou tombants, ce qui compte, c’est qu’il soit écrit « Fuck God » dessus…

Du coup, cette année, les « Miss » seront porteuses de message, elles aussi.

Puisque tous ces « porcs » de mecs sont scotchés devant ce festin télévisuel de seins, de jambes, de fesses et de sourires ravageurs, et bien instruisons-les au moins. Les fées vont se transformer en instit’, les Sœurs Sourire en mères Fouettard.e.s. Au lieu d’évoluer gracieusement sur l’air de « Sois belle et tais-toi », elles vont dénoncer les violences faites aux femmes. On a déjà fait ça au Pérou. Et ça a drôlement bien marché. Pour une fois, elles ont été écoutées, les femmes. Enfin, regardées pendant qu’elles parlaient, en tout cas.

Alors, une vidéo a été diffusée juste avant le défilé de samedi : « Les Miss se mobilisent contre les violences faites aux femmes ».

Reste, tout de même, un point douloureux. Le but de ce concours, c’est de sélectionner. Sé-lec-tion-ner. C’est méchant, ça. En plus, on le fait en examinant les mensurations des candidates, leurs cheveux, leurs dents, comme à un marché aux esclaves.

Il faut arrêter !

Une proposition : puisqu’on tire au sort les entrées à l’université, pourquoi pas les lauréates des concours de beauté ?

Docteur d'Etat en droit public, avocat, maitre de conférences des Universités