Hollande ou Cazeneuve : qui incarnera la « renaissance » socialiste ?

En médecine, l’autosuggestion peut parfois accomplir des miracles. Enfin, c’est ce que d’aucuns prétendent. Et en politique ? Cela n’aurait rien d’improbable, tel qu’en témoigne le possible retour sur la scène de François Hollande. Malgré des apparences trompeuses, ce n’est pas Le Gorafi mais Le Figaro qui relaye cette confidence du proche entourage de l’ancien Président : « Ils voient bien qu’un lien s’est noué entre François Hollande et les quelques vingt mille Français rencontrés au fil des signatures qui reprendront fin août. »

C’est vrai qu’on oubliait. Dans notre lointaine enfance, il y avait le Podium Europe 1 qui faisait la tournée des plages. En 2018, c’est François Hollande qui assure celle des supermarchés, dédicaçant à tour de bras son ouvrage, Les Leçons du pouvoir, qui se serait vendu à près de cent mille exemplaires. Il ne lui en fallait pas plus pour affirmer, toujours cité par Le Figaro : « J’ai revendiqué une présidence normale dans le contexte de 2012. En réalité, ce que je défendais était une présidence humaine. Je ressens aujourd’hui que les Français aspirent à un pouvoir proche d’eux, qui les représente et les unit. » C’est beau. Pas très intelligible, mais beau.

Le 4 juillet dernier, forte de cette dimension « humaine », sa garde rapprochée, soit une vingtaine de fans transis, se serait donc retrouvée dans un lieu de taille tout aussi « humaine » : un bar du IXe arrondissement. On ne sait si cette adresse leur a été recommandée par Jean-Vincent Placé, mais la teneur des propos tenus augurait mal d’un possible test à l’éthylomètre. « François Hollande reste une boussole pour l’avenir. » C’est ma tournée, les gars ! « Des gens viennent nous voir, ils nous demandent quoi faire. » Laisse, bonhomme, celle-ci est pour moi !

Ces agapes se tenaient sous l’égide de Rémi Branco, ancien chef de cabinet de Stéphane Le Foll au ministère de l’Agriculture. Le Foll était plutôt carré, Branco un peu moins. D’où ces propos passablement énigmatiques : « L’avenir de la gauche est flou. […] Mais la voix de François Hollande sera utile. » À quoi ? Le même Rémi Branco explique : « Je suis resté au PS, mais notre démarche n’est en rien liée au parti. Et si je disais que nous construisons un courant socialiste, tous partiraient, ou presque. »

Bref, ce qui n’était déjà pas simple se complique encore. Si les Hollandais restent au Parti socialiste, tout le monde s’en va. Mais s’ils construisent une structure dans ses proches environs, qui viendra ? À cœur vaillant, rien d’impossible, objectera-t-on. Certes. Ce, d’autant plus que ce champ du possible se rétrécit encore, sachant que Bernard Cazeneuve, l’homme qui a succédé à Manuel Valls en tant que Premier ministre, se sent à son tour pousser des ailes. Voire… un destin. National ? Pourquoi pas.

Lui-même a publié un livre, Chaque jour compte. Ce qui n’est pas du luxe, n’ayant passé que cent-cinquante petites journées à Matignon. Mieux ; il n’est pas seul. Olivier Faure, le très internationalement connu premier secrétaire du PS, vole à son secours : « Grâce à la force des liens que Bernard Cazeneuve entretient avec la population, du fait de ses qualités d’homme d’État et de sa présence lors des événements terroristes. Je pense qu’il peut être une pièce maîtresse de notre renaissance. » Là, ce n’est plus de l’autosuggestion mais du vaudou.

Mais que nos lecteurs de gauche – il y en a, je le sais, j’en ai rencontré – se rassurent. D’autres bonnes nouvelles pointent à l’horizon radieux de la renaissance de l’humanisme de progrès. Ainsi, dans la foulée de la tournée triomphale de François Hollande serait bientôt annoncée celle de Peter et Sloane. Et peut-être même une éventuelle reformation des Rubettes, si la « renaissance » du Parti socialiste est à ce prix.

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