Culture - Editoriaux - Histoire - Politique - 30 août 2015

Hollande, c’est fini

Vingt mois, six cents jours : c’est le temps qui nous sépare de la fin du mandat de François Hollande. Il a, et nous aussi, les deux tiers de son quinquennat derrière lui. Et le dernier tiers, avec les mauvais bilans et la précampagne présidentielle à l’intérieur de chaque camp, ne changera rien à la courbe prise depuis trois ans et demi. Obstinément mauvaise, et pas seulement en ce qui concerne le chômage. Ce temps de rentrée est donc le moment idéal pour prendre un peu de recul et pour essayer de tirer profit de ce quinquennat, déjà fini, déjà raté, tout au moins dans l’esprit de 80 % des Français, ce qui fait beaucoup.

Et la particularité de ce mandat, c’est d’avoir été plombé très tôt, et irréversiblement. Président mal élu par à peine 40 % des inscrits, par défaut, M. Hollande aurait pu profiter de son statut pour élargir sa base en prenant quelques décisions sages et courageuses. Il n’en fut rien et, manquant d’originalité et de clairvoyance, il agit en bon idéologue socialiste. Sa popularité fragile s’abîma très vite car il commit deux erreurs fatales : l’une économique, l’autre sociale. D’abord, donc, une augmentation massive des impôts pesant sur les entreprises et les classes moyennes et supérieures qui tua la reprise qui fait si cruellement défaut aujourd’hui. Ensuite, son obstination, contrairement à M. Mitterrand en 1984, à ne pas écouter les millions de Français opposés à la loi Taubira le campa en président autiste et idéologue.

Ajoutons à ces deux erreurs originelles les ratés de sa vie personnelle, les revirements ou les atermoiements en politique intérieure ou étrangère, et enfin les réformes inutiles et brouillonnes (rythmes scolaires, réforme du collège), et nous avons les causes conjoncturelles de l’échec sans précédent de ce président trop normal. Une présidence en forme de contre-exemple qui servira de parfait cas d’école pour les futures générations d’énarques.

Mais cet échec rapide et inédit, qui empêchera pour la première fois dans l’histoire de la Ve République un président de se représenter, s’explique aussi, bien sûr, par l’inquiétude profonde de la population face aux attentats islamistes, à la crise des migrants et, plus généralement, face aux changements culturels rapides imposés par l’immigration musulmane. Et ce facteur qui précipite la chute de M. Hollande pèsera tout autant sur le prochain quinquennat. Et il devrait logiquement orienter la prochaine campagne présidentielle. À suivre…

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