Et 74 interpellés de plus !

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Pour la troisième soirée consécutive, la Manif pour tous a rassemblé plusieurs milliers de participants près de l’Assemblée nationale. Comme chaque soir à 22 heures, le mouvement des Veilleurs a repris sa place et son silence sur l’esplanade des Invalides. Ils sont environ 300 et sont plus déterminés que jamais. Immédiatement entourés par des centaines de CRS et de gendarmes mobiles, ils restent calmes et déterminés.

Près de la bouche de métro, des dizaines de manifestants se font également encercler. Il sont placés de force dans des rames qui les évacuent du périmètre. La plupart descendent à Concorde et reviennent discrètement faisant le tour du dispositif qui ressemble de plus en plus à une « zone de combats ». À chaque pont, chaque carrefour, des fourgons de police et des murs anti-émeute bloquent l’accès au « camp retranché » qu’est devenu l’Assemblée nationale.

Après les sommations d’usage et malgré la présence de députés et de journalistes, les forces de l’ordre commencent à saisir un par un les Veilleurs et les conduisent vers le panier à salade bien vite rempli. Un militant facétieux en profite pour leur glisser des tracts et des autocollants qui serviront à refaire la déco du bus. Conduit au poste pour un contrôle d’identité, le cortège démarre sous les encouragements des manifestants restés en dehors du cercle. À l’intérieur, pas un bruit mis à part cette douce mélopée qu’est « l’espérance », leur hymne depuis trois jours.

L’objectif est de tenir jusqu’à minuit et demi, heure à laquelle ils se sont engagés à lever le camp. Après un compte à rebours retentissant ils se lèvent et se dirigent dans le calme vers le métro.

Cette nouvelle formule de contestation interpelle. Se revendiquant de Gandhi, ils se servent de la non-violence et de la transgression pacifique pour faire passer leur message. D’abord raillé par les partisans des actions bruyantes, ils rassemblent de plus en plus de monde dans un engagement qui ne manque pas de panache.

La police elle aussi est ennuyée, contrainte d’utiliser une force tout à fait disproportionnée. Interrogés en off, certains policiers confient qu’ils préféreraient « servir vraiment à quelque chose contre de vrais délinquants ».

Manifestement, l’État est dépassé par la contestation, entre le « cache-cache pour tous » qui fait cavaler les policiers dans tout Paris, l’affaire des sweats du Luxembourg, les Hommen bloquant la rue de Rivoli enchaînés les uns aux autres ou encore, ces Veilleurs groupés en bloc, bras dessus bras dessous dans le plus grand calme. Des militants qui ne lâcheront rien. Jeudi soir encore, 74 personnes ont été interpellées et trois placées en garde à vue.

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