Pollution : gaz de roche contre moulins à vent !

Ancien pilote de chasse
 

Je me dois de revenir sur les conséquences indirectes de l’exploitation des gaz de schiste qui sont multiples et pas nécessairement suffisamment négatives pour que le veto des Verts soit la seule réponse.

EELV ne représente pas la majorité des citoyens et le « principe de précaution » prête surtout l’oreille à ces minorités qui polluent le débat par leur tyrannie renouvelable, mieux qu’une ruine d’éoliennes (à voir, par exemple, à Salsigne dans l’Aude, abandonnées mais bien en vue dans leur piteux état sur les flancs de la montagne Noire).

Puisque je fais référence aux éoliennes, point n’est besoin de revenir sur leurs multiples aspects négatifs, mais quand même :

– Comme dirait M. de La Palice, elles ne tournent que lorsqu’il y a du vent, mais pas trop fort ! Elles doivent donc être complétées par des centrales classiques (gaz, charbon = CO2).

– Le coût de revient du kW est proche de celui des centrales thermiques mais reste 4 fois supérieur à celui des centrales nucléaires actuelles.

– Il faut 750 éoliennes terrestres pour produire autant d’électricité qu’un réacteur. On projette que moins d’unités en mer (environ 450) produiront autant, parce que mieux disposées. Je laisse aux matheux le calcul du nombre de moulins à vent nécessaires pour répondre à la consommation nationale.

– La pollution visuelle, sonore et ornithologique, ainsi que la dégradation des paysages, est-elle moins pernicieuse qu’une hypothétique pollution des sols ou des eaux ? Quant à la nouvelle politique des implantations en mer, il vaudrait mieux chercher du côté de Clipperton ou Europa que devant La Baule, Deauville ou Saint-Jean-de-Luz.

La filière photovoltaïque, très subventionnée, est beaucoup plus onéreuse. Elle ne peut satisfaire une alimentation publique mais demeure une alternative intéressante pour les particuliers. Pour revenir à l’exploitation des gaz de roche, il est primordial de rappeler deux données qui distinguent les spécificités françaises des réalités américaines auxquelles les opposants font référence, en l’absence d’autres statistiques.

En premier lieu, aux USA, le sous-sol et son exploitation appartiennent aux propriétaires de surface. La recherche immédiate du profit a rendu moins précautionneux les forages, comme au temps de la course à l’or noir. La fracturation hydraulique, procédé brutal et polluant, n’a pas arrêté les gaz-boys, protégés des critiques ou vindictes par les vastes espaces qui les entourent. En France, le propriétaire du terrain est dénié de droits sur les profondeurs et ses éventuelles ressources minières. Le BRGM, organisme étatique, veille au grain et sait être l’arbitre des velléités contraires. En priorité, il doit procéder à l’inventaire des ressources potentielles.

En second lieu, ce même BRGM peut initier et piloter le développement de procédés innovants, que ce soit en surface pour contenir le volume et le déploiement des engins aux fins de préserver l’environnement et limiter les indispensables expropriations, ou en profondeur pour éviter la pollution des nappes phréatiques.

Les suggestions de Montebourg de lancer ces expérimentations sont totalement fondées et opportunes. Mais zut ! c’est Hamon (secondé par Fioraso, secrétaire d’État) qui est désormais en charge de la Recherche. Et pour le moment, il fouille davantage les emplois du temps des mercredis que le sous-sol. Alors continuons d’importer gaz, hydrocarbures et charbon !

Henri Gizardin

Envie que vos amis découvrent cet article ?
Partagez-le !

Recevez gratuitement nos articles !


AUJOURD'HUI SUR BOULEVARD VOLTAIRE

Les commentaires sur cette page sont fermés.