Le despotisme de la bien-pensance a dévoyé l’éducation

Ancien pilote de chasse
 

Rappelez-vous, si vous êtes d’un âge qui le permet. Au siècle dernier, il y a 50 ans, on pouvait encore entendre « ce garçon est bien élevé » ou, au contraire, « il est mal élevé ». Ce qui pouvait aussi s’appliquer, mais moderato, à une fille car la gent féminine n’était alors pas contaminée par le virus de l’impérieuse égalité symétrique contemporaine.

Ce mot « élevé », précieux et intense, contient plusieurs sens qui font référence à l’éducation, celle prodiguée par les parents, et l’autre, complémentaire, inculquée par l’école – laïque et obligatoire – de l’Éducation nationale. La première apprenait la hiérarchie des valeurs et le respect dû aux plus âgés dans le cadre généalogique qui honorait l’histoire familiale. La seconde avait la vocation de former de futurs citoyens responsables en enseignant les bases, en particulier la langue française et son bon usage écrit et oral, qui permettaient une admission réussie dans la société civile et le monde du travail.

Hélas, la raison sociale « éducation » est usurpée depuis plusieurs lustres. Elle a été dévoyée par le despotisme de la bien-pensance moderne, relayée par des pédagogues fous qui ont déployé des instruments de la sape éducative avec la bienveillance « collabo » et coupable de ministres successifs.

Et elle a lâché dans la nature des handicapés du comportement !

Alors, c’est quoi, ce paradoxe dans notre société, direz-vous ?

Il est visible et éclate quasiment chaque jour au nez de tout individu qui garde intacts ses sens réceptifs et critiques.

D’un coté, les appels à la solidarité et leurs manifestations, avec la multiplication des associations bienfaitrices et caritatives, les grands rassemblements compassionnels et spontanés, les cérémonies commémoratives, la Manif pour tous et son million de participants, les défilés syndicaux répétitifs et leurs slogans qui se veulent fédérateurs et les agapes de clubs de quartiers. Mais, encore, les fêtes votives ou civiles, les concerts de stars qui font agiter en chœur et en rythme les lumières de milliers de fans, les matchs de foot qui agrègent dans la ferveur « sportive » des spectateurs issus de couches sociales très diverses et qui communient dans le chauvinisme plus ou moins anonyme de leur club sportif. Parfois, toutefois, avec débordements et illustrations avec fanions de couleurs exotiques…

De l’autre côté du miroir social, le narcissisme exacerbé des « selfies » publiés sur les réseaux sociaux, l’égoïsme au quotidien, les incivilités, les non-respect et attention à autrui. L’arène des rues de villes est le lieu d’affrontements individuels quasi quotidiens. Bousculées, interpellées, voire insultées sont les victimes de ces comportements, lesquelles, le lendemain, peuvent en être les auteurs. Et encore, les atavismes d’importation, du bruit, des musiques tonitruantes émises de voitures agressives, de la désinvolture comme signe d’assurance et d’autorité, des papiers et mégots jetés par terre, des crachats inconscients ou provocateurs et autres gestes à la symbolique scatologique…

À l’exception des personnes sensibilisées par leur éducation d’un autre âge – le leur ! -, peu de précaution réfléchie pour faciliter la vie aux gens âgés, handicapés, femmes enceintes, poussettes, véhicules de handicapés, places assises dans les transports en commun ou aux stations d’arrêt.

Le summum de l’égocentrisme est atteint dans l’isolement individuel, avec le téléphone portable toujours en activité, en particulier chez les jeunes, ou la relégation sous le casque musical qui occulte tout, même des dangers environnants. Les joueurs de foot qui pratiquent, apparemment, l’esprit d’équipe avec des démonstrations exubérantes lors des buts sont les plus fervents du repli auditif dès qu’ils quittent le gazon et le maillot… 

Comble du paradoxe : on est avec un autre, virtuel, et on occulte ceux qui sont autour, vivants, bien présents, qui occupent un peu d’espace proche !

Lorsque M. Apple aura inventé l’hologramme sur iPhone, le pire qui est à craindre pourrait bien nous faire basculer dans un monde que même Aldous Huxley n’aurait pu imaginer !

AUJOURD'HUI SUR BOULEVARD VOLTAIRE

SOUVENIRS

Les commentaires sur cette page sont fermés.