Haro sur les viandards !

Etudiant en Histoire
 

C’est une énième « affaire » de maltraitance en abattoir que Le Monde vient de révéler ce mardi. Aristide Leucate a publié un article édifiant sur les détails de l’affaire. C’est sous un autre angle que je traiterai de ce fait divers.

À leur habitude, les associations antispécistes demandent plus de règles pour l’industrie de la viande, plus de contraintes pour les bouchers, voire des caméras de surveillance consultables en ligne par les citoyens.

De telles mesures ne pourraient être que néfastes pour les bouchers et l’industrie de la viande déjà en panne. Selon les chiffres de l’OMS, la consommation de viande aurait chuté de 5 % depuis le début des années 2000. Que les pasionarias de l’antispécisme réfrènent leur joie ; ce n’est pas par sensiblerie que de plus en plus d’Occidentaux modèrent leur consommation carnée, mais à cause du coût sans cesse croissant de la viande.

Notons que la plupart de ces groupuscules antispécistes sont composés de vegans et autres crudivores qui ne verraient pas d’un mauvais œil la suppression pure et simple de la consommation carnée. Ils ont beau jeu d’ameuter les médias, tant la résonance émotionnelle des images diffusées est grande sur les réseaux sociaux.

Supposons que l’industrie alimentaire se plie à leurs normes et que ces dérives disparaissent. L214 et les autres clubs du même acabit cesseront-ils leur lobbying ? J’en doute. Pour ces culpabilisateurs professionnels, le « meurtre » de l’animal est un crime moral. Il importe peu que ce soit fait « humainement » ou non. Les images d’abattoirs ainsi que l’argument de l’élevage industriel sont des prétextes pour dégoûter à jamais de la viande les plus sensibles d’entre nous. Ils seront en paix le jour où le dernier abattoir aura fermé, le jour où le dernier viandard sera mort ou converti.

À n’en pas douter, le lobby végétarien existe bel et bien. Comme tout lobby qui se respecte, il a des relais parmi les intellectuels, les scientifiques et les médias qui promeuvent sans cesse les vertus du mode de vie végétarien, prenant pour preuve la pléthore d’études scientifiques qui tendent à démontrer que les végétariens vivraient plus longtemps et seraient en meilleure forme que les carnivores. La consommation de viande est, en revanche, décriée: cancérogène, anxiogène…

Quand l’argument moral et l’épouvantail du cancer peinent à convaincre, c’est un atout infaillible que les lobbyistes abattent sur la table : la viande rendrait impuissant. Dans un monde où le sexe est affaire de performance, cet argument fait mouche. Paniqué à l’idée de débander, l’Occidental est plus susceptible de renoncer à son jambon quotidien et d’embrasser le régime (alimentaire) hitlérien.

À part quelques experts marginalisés, toutes les sommités de la science s’accordent à dénigrer la viande. Faut-il croire qu’un légume plein de nitrates et de pesticides est meilleur que la viande d’un animal élevé en plein air ?

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