François Hollande a peur de dénoncer les djihadistes

Essayiste et journaliste algérien
 

Monsieur le Président,

Notre compatriote Albert Camus nous a déjà prévenu : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » Je crains, monsieur le Président, que par la façon dont vous qualifiez les soldats d’Allah capturés au nord du Mali, vous n’ajoutiez au malheur de la laïcité, déjà assez malmenée.

« Nos concitoyens perdus », avez-vous dit ! Je ne sais pas s’ils sont concitoyens de quiconque, ni s’ils sont vraiment perdus… Ce sont des djihadistes qui « combattront dans le sentier de Dieu, ils tueront et seront tués… » et, vous savez pourquoi, monsieur le Président ? Pour que « la parole d’Allah reste la plus haute ». Ils ne sont pas de jeunes égarés, ils connaissent très bien leur but : l’instauration de la loi coranique par la force. Ils accomplissaient leur devoir religieux, kalachnikov à la main : le djihad fi sabil Allah, la guerre sainte pour la gloire d’Allah.

Vous avez raison, monsieur le Président, de dire que la lutte contre le terrorisme devrait se faire partout, mais vous oubliez de préciser à vos concitoyens la nature de ce terrorisme ! Cette barbarie a un nom, monsieur le Président : l’idéologie islamique dont l’essence n’est autre que le combat contre tout ce qui n’est pas islamique. « Si tu es témoin d’un usage non islamique, dit le prophète, mets-y fin par la force. Si tu n’as pas le pouvoir de le faire cesser, condamne-le verbalement. Sinon, condamne-le dans ton cœur. » « N’obéis donc pas aux infidèles, dit encore Allah dans son livre, et avec ceci [le Coran], lutte contre eux vigoureusement. »

Sont-ils « travaillés par des milieux extrémistes et fondamentalistes », comme vous le dites, monsieur le Président, ou ont-ils tout ce qu’il faut comme versets et hadiths pour « mener le djihad contre les mécréants » et pour « être rude à leur égard » comme vous pourriez le lire dans le Coran ?

Permettez-moi, monsieur le premier magistrat de la République, de vous rappeler que vos « concitoyens perdus » ne reconnaissent ni la République ni ses valeurs : ils ont d’autres références, un autre genre d’État, enseignés et semi-appliqués sur les territoires perdus de votre République.

Vous, président de la République, vous ne devez pas légitimer l’instinct tribal au détriment de la culture universelle.

Vous, président de la République, vous ne devez pas laisser le communautarisme s’installer dans la République.

Vous, président de la République, quand un fleuve est pollué, vous devez remonter à la source de la contamination.

Vous, président de la République, vous devez libérer les territoires perdus de la République.

Vous, président de la République laïque, vous ne devez pas financer les lieux de culte.

Vous, président de la République, vous avez le devoir de protéger les femmes d’origine arabe, pas leur culture islamique misogyne.

Vous, président de la République, vous devez interdire à vos ministres de se balader dans les mosquées pour une raison ou une autre.

Vous, président de la République, vous ne devez pas voir en la barbarie une culture. Vous devez savoir qu’il y a des « spiritualités » meurtrières.

Vous, président de République, vous devez savoir que l’islamisme est une idéologie meurtrière et non pas une frustration mal orientée.

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