Editoriaux - International - Table - 14 avril 2018

La Guyane, laboratoire de la catastrophe migratoire

Comme Mayotte est la porte d’entrée de la France et de l’Europe pour les Comoriens – 43,5 % des demandes d’asile déposées, loin devant les ressortissants du Burundi, de la République démocratique du Congo et du Rwanda –, la Guyane est devenue celle des Haïtiens.

Dans son rapport annuel, l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) révèle que « Haïti se classe à la troisième place des pays d’où proviennent les demandeurs d’asile. 4.939 Haïtiens ont déposé un dossier pour la première fois en 2017. Un nombre quasi stable par rapport à 2016 (+0,2 %). Si l’on prend en compte les réexamens, les réouvertures et les mineurs accompagnants, le nombre de 5.744 demandes est atteint » (Franceinfo). Et ce flux migratoire se concentre sur la Guyane.

À noter que les candidats à l’exil haïtiens essaiment sur l’ensemble du sous-continent sud-américain, dont l’Argentine, le Brésil et le Chili. Concernant ce dernier pays, qui jouit d’une économie florissante – 3,5 % de prévisions de croissance pour 2018 –, « des statistiques communiquées par la police d’investigation chilienne (PDI – Policía de Investigaciones) indiquent qu’un total de 104.782 Haïtiens sont entrés au Chili en 2017, soit 114 % de plus qu’en 2016, quand 48.783 Haïtiens se sont installés sur le territoire chilien » (Le Nouvelliste). Un afflux qui provoque de graves tensions au Chili, tout comme en Guyane où l’immigration massive et incontrôlée, générant inévitablement de l’insécurité, a, entre autres, motivé la révolte des habitants en 2017.

Plus généralement, « “les départements français d’Amérique (Guyane, Guadeloupe, Martinique) concentrent 90,7 % du total des premières demandes outre-mer, dont près de 90 % dans le seul département de la Guyane, où la demande a quadruplé depuis 2015”, précise l’OFPRA » (Franceinfo).

Certes, Haïti est l’un des territoires les plus pauvres au monde – « 78 % de la population vit sous le seuil de pauvreté absolue et 56 % dans une pauvreté extrême » (UNICEF) –, et une nécessaire solidarité internationale contrôlée – l’île étant rongée par la corruption – doit être mise en place pour lui venir en aide mais, comme le disait Michel Rocard en 1990, dans un colloque sur l’immigration, « la France n’est plus, ne peut plus être, une terre d’immigration nouvelle. Je l’ai déjà dit et je le réaffirme, quelque généreux qu’on soit, nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde » (Libération).

Le fléau migratoire qui frappe la Guyane la fragilise donc dangereusement, ce dont elle n’a vraiment pas besoin : « Le territoire ultramarin est miné par le chômage. Malgré un fort potentiel de développement, la dépendance aux financements publics est totale » (Le Figaro).

Aussi, la loi Asile et Immigration, si elle est votée, ne sera qu’un placebo. Il faut impérativement mettre un coup d’arrêt à l’immigration sur tout le territoire national, à moins de vouloir sombrer dans le chaos, ce qui ne profitera ni aux autochtones ni aux allogènes.

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