Leonarda de retour en France ? C’est pour bientôt !

Collaborateur parlementaire belge
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Nous l’avions presque oubliée et voilà qu’elle revient par la grande porte. Comprenez la porte grande ouverte de l’Union européenne. Une porte qui donne sur d’autres, plus petites, celles internes à l’espace Schengen.

La petite Leonarda est désormais adulte.

Et croate. Munie de son nouveau passeport, elle est donc libre de circuler au cœur d’un continent qui réprouve la notion de frontières.

Sur son planisphère, la jeune femme a ciblé un pays : la France, où elle avoue « avoir envie de revenir […] pour remercier les gens » qui l’ont aidée quand elle avait « beaucoup de problèmes ».

L’interpellation de Leonarda, alors âgée d’une quinzaine d’années, au cours d’une sortie scolaire avec sa classe de troisième du collège André-Malraux de Pontarlier, avait suscité un tollé et divisé la société française selon le clivage désormais prédominant entre droits-de-l’hommistes hostiles aux frontières, d’un côté, et patriotes favorables aux démarcations territoriales, de l’autre.

Le père de la jeune fille, par ailleurs objet d’une plainte pour violences conjugales, avait menti éhontément sur le passé de la famille afin d’obtenir plus aisément les précieux sésames permettant à la famille de rester en France.

Devant l’ampleur de la polémique, François Hollande en personne dut intervenir et accorda à Leonarda, et à elle seule, le droit de revenir en France, dans un souci, avait-il précisé, « d’humanité ». Pour le Président, il s’était agi d’un premier pas de géant vers son tombeau politique.

Après son départ de France, Leonarda Dibrani avait passé quelque temps au Kosovo, son pays d’origine, avant de rejoindre la Croatie où elle vit désormais à quelques kilomètres de la capitale Zagreb.

Elle pourrait donc bien faire, d’ici peu, son entrée triomphale en France. Nul doute que, sur son chemin, elle ira remercier les journalistes de Mediapart qui avaient pris fait et cause pour elle, Josiane Balasko qui avait vertement critiqué l’attitude du gouvernement ou encore l’écologiste Esther Benbassa qui avait parlé de « rafle ».

Après sa joyeuse entrée, elle pourrait s’installer, tout simplement, dans l’Hexagone, ce pays où 65 % des citoyens voyaient d’un mauvais œil son retour en 2013.

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