La Wallonie résiste, résiste, résiste… avant de lâcher prise ?

Collaborateur parlementaire belge
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Paul Magnette a un nouveau surnom. Le ministre-président de la région wallonne est désormais « Monsieur non ». Seul contre tous, « Monsieur non » a donc refusé la signature du CETA, estimant que les garanties pour les agriculteurs wallons étaient « insuffisantes » et que les tribunaux d’arbitrage continuaient à poser problème.

Dans les coulisses, il se chuchote que l’homme a douté. Il était sur le point de céder à la pression et de finalement dire « oui ». Il n’en sera rien. Ou du moins, pour le moment. Car Paul Magnette, figure montante du Parti socialiste, n’a rien du rebelle.

D’allure fringante et d’esprit preste, l’ancien professeur d’université est un homme du système.

Et qui dit système, en Wallonie, dit « socialisme ». La percée de l’extrême gauche communiste crispe les élus du vieux PS, qui font donc de la résistance, teintent d’un rouge plus foncé leurs discours, chantent à nouveau l’Internationale à tue-tête.

Mais la pièce est surjouée : malgré ses quelques sorties sur le patriotisme économique, Magnette n’est ni anti-européen – en témoignent ses ouvrages -, ni anti-mondialiste. À dire vrai, il est pris au piège du petit jeu partisan. Il devra obtenir des concessions pour ne pas donner l’impression de se renier.

Pendant ce temps-là, la Wallonie, en grande difficulté sur le plan économique, est l’objet de tous les regards. Cédera, cédera pas ? La question est sur toutes les lèvres, de Namur à Ottawa.

Donald Tusk, président du Conseil européen, a accentué la pression sur le gouvernement, fédéral cette fois-ci – favorable au CETA -, de Charles Michel (Mouvement réformateur), chantre du libéralisme social, qui diffère peu du social-libéralisme habituel de Paul Magnette.

La Wallonie, qui en réalité n’a pas trop le choix – c’est probablement cela, la démocratie européenne -, a jusqu’à lundi soir pour changer de position. Le président du Parlement wallon, André Antoine, membre du CDH (démocrate-humaniste) qui complète la majorité régionale, a déjà indiqué qu’il serait impossible de respecter l’ultimatum fixé par les instances européennes. En réalité, on ne capitule pas en un jour.

La Commission européenne a transmis de nouvelles propositions à la Wallonie, que celle-ci juge « décevantes ». Il en faudra donc plus pour que le sud de la Belgique change d’avis. Pendant ce temps-là, l’Open vld, parti libéral flamand participant à la majorité fédérale, a voulu passer outre le refus wallon en portant le dossier au Sénat, compétent, selon lui, pour donner le feu vert.

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