La théorie des dominos : et maintenant, l’Europe !

Collaborateur parlementaire belge
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En pleine guerre froide, Dwight Eisenhower conceptualisa une expression qui fera florès pour exprimer, par une métaphore, la nécessité d’étendre, par contagion et capillarité, l’influence occidentale sur un monde coupé en deux : c’est ainsi qu’est née, chez les hommes d’État et les géopoliticiens, la désormais fameuse théorie des dominos.

Le concept cher à la polémologie entrera bientôt dans le domaine de la science politique. Après le triomphe des patriotes-conservateurs-populistes-souverainistes partout en Europe, après le Brexit signifiant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, après la conquête de mairies, à Béziers ou à Fréjus, un domino de taille vient de tomber et risque de hâter la chute de tous les autres.

Demain, et après-demain, partout le pouvoir aura échappé à ses détenteurs actuels qui ne voient que par le monde globalisé, la finance, le multiculturalisme et les alliances avec des pays acquis à l’islamisme. Dans les pays qu’un secrétaire de la Défense des États-Unis qualifia autrefois de vieille Europe, la stratégie d’endiguement des mal-pensants, selon un autre concept repris à la géopolitique, permet aux élites actuelles la conservation de leurs privilèges.

Momentanément.

L’élection de Donald Trump marque la revanche des laissés-pour-compte, des petits Blancs qui doivent céder leur place aux migrants du monde entier dans la file d’attente, des citoyens qui ne se sentent plus représentés par un système à bout de souffle.

Revenons à la géopolitique. Lorsque l’on est un souverainiste conséquent, on évite d’ordinaire de trop se mêler des affaires d’autrui – des États-Unis en l’occurrence. L’élection au pays de l’Oncle Sam ne devait à cette aune s’analyser qu’en termes d’avantages et désavantages que notre partie du monde avait à en tirer.

La lutte entre Donald Trump et Hillary Clinton présentait à ce titre une alternative entre, d’une part, une alliance avec la Russie pour lutter contre l’islamisme (principale menace planétaire) et, d’autre part, la poursuite des alliances traditionnelles des États-Unis avec des États (principalement l’Arabie saoudite) et des groupes (Frères musulmans, proches d’Obama et de Clinton) prônant le wahhabisme-salafisme-djihadisme. À cette aune, l’élection du candidat républicain offre au monde un surcroît de sécurité.

Le danger, aujourd’hui, pour les Européens est de singer Donald Trump pour arriver au pouvoir : le manque de culture, la misogynie et les mauvaises manières du nouveau président des États-Unis ne doivent pas l’ériger en modèle au cœur de pays épris de culture, d’hommes d’État s’élevant au-dessus des contingences et d’élégance.

La bataille des idées, selon le concept gramscien, est en passe d’être gagnée, ici aussi. L’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen (FN), de Frauke Petry (AfD) ou de Norbert Hofer (FPÖ) n’est plus qu’une question de temps et de patience.

Tombent les dominos.

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