La France bordée par une région communiste ?

Collaborateur parlementaire belge
Son blog
 

Tandis que Ségolène Royal, peut-être étourdie par les saveurs du rhum cubain et les volutes des cigares locaux, vient de se laisser aller à un panégyrique du camarade Fidel, la France pourrait être prochainement bordée, sur son flanc nord, par une région acquise au communisme.
 
En Wallonie, partie francophone de la Belgique, le Parti du travail de Belgique (PTB) vient de grimper, dans un dernier sondage, à 18 % des intentions de vote, progression que rien ne semble en mesure de contrecarrer. Les deux députés fédéraux et six parlementaires régionaux pourraient être rejoints par une escouade de camarades au poing serré après les élections de 2019.
 
Région se trouvant aux mains des socialistes depuis… 1988, sans discontinuer – amis français, ne vous plaignez donc pas trop du bref quinquennat de François H.-, la Wallonie, autrefois prospère, est désormais en décrépitude mais, plutôt qu’un sursaut électoral portant sur les partis dits populistes, les francophones de Belgique semblent préférer un scénario à la grecque avec, dans le rôle d’Aléxis Tspíras, Raoul Hedebouw, homme dur à l’apparence bonhomme.
 
En Wallonie, voter à gauche est un réflexe naturel. Les syndicats tout-puissants, les médias obéissants et le milieu associatif historiquement influent veillent à maintenir les ouailles dans le droit chemin.

Et, quand le vieux Parti socialiste ne satisfait plus, celles-ci se tournent donc vers une version plus authentique de la gauche.
 
Dans le même temps, les partis se trouvant à la droite des formations traditionnelles peinent à s’affirmer : le Parti populaire (droite populiste) retrouve son étiage à 4 % et la Droite citoyenne (droite libérale décomplexée) ne parvient pas à dépasser 2 %. Les autres micro-formations (identitaires, solidaristes) n’apparaissent pas sur les radars.
 
Outre les facteurs structurels qui expliquent son incapacité à percer, la droite de la droite, en Belgique francophone, souffre d’être, selon l’aphorisme consacré, « la plus bête du monde » : querelles d’ego entre « Machiavel de comptoir » à la recherche d’aventures personnelles, absence de personnalités charismatiques, pusillanimité de la part de responsables de partis traditionnels à l’idée de « franchir le Rubicon », référence implicite (dans le cas du premier de ces « petits partis ») au collaborateur Léon Degrelle…
 
La Wallonie, où la situation n’est peut-être pas encore assez dégradée pour voir cohabiter un populisme de gauche et de droite, ne semble pas prête à connaître sa « révolte populaire et patriote » dont elle aurait grandement besoin pour sortir de l’ornière.
 
Le très contestataire PTB s’en frotte les mains. Son éventuelle accession au pouvoir – à ce stade, le PS n’exclut aucune alliance – ajouterait un surcroît de misère à la misère en Wallonie. Mais il se trouvera toujours quelque Ségolène Royal pour faire l’éloge d’un parti qui n’a jamais renié ni ses références marxistes, ni ses sympathies pour des régimes sanguinaires.

Like
Like Love Haha Wow Sad Angry
3615

Recevez gratuitement nos articles !


AUJOURD'HUI SUR BOULEVARD VOLTAIRE

SOUVENIRS

Les commentaires sur cette page sont fermés.

Vues : Array