CETA : la Wallonie, seule contre tous

Collaborateur parlementaire belge
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La petite Wallonie fait de la résistance. Seule contre les autres régions de Belgique. Seule contre le reste de l’Europe. Seule contre le Canada.

Seule, elle vient de décider de refuser l’accord économique et commercial global, mieux connu sous l’acronyme CETA.

Au Parlement de Wallonie, réunis en séance plénière exceptionnelle vendredi dernier, ministres et députés « béni-non-non » de la majorité PS (socialiste) – CDH (démocrate humaniste) ne manquaient pas d’afficher leurs mines infatuées devant les caméras du monde entier. L’opposition libérale, favorable à l’accord, présentait quant à elle la tête des mauvais jours.
 
Si tout souverainiste peut se féliciter du rejet d’un accord global qui risque de mettre à mal le tissu économique, mettre un peu plus le couteau sous la gorge des agriculteurs et détricoter ce qu’il reste d’identité en Belgique francophone, il y a néanmoins de quoi s’interroger sur le jeu de dupes mené par les partis de la gauche gouvernementale.
 
On ne peut, en effet, lorsque l’on est cohérent, se prononcer contre la mondialisation lorsqu’il s’agit des produits et y être favorable lorsqu’il s’agit des hommes. On ne peut fermer les frontières aux marchandises et les ouvrir sans retenue aux migrants. On ne peut dénoncer l’américanisation (dans ce cas-ci la « Canada-dryisation ») et fermer les yeux sur l’islamisation.
 
C’est pourtant cette double attitude, contradictoire, que les responsables politiques émargeant aux partis traditionnels adoptent face au monde qui déferle dangereusement, au point d’uniformiser et de niveler par le bas nos standards et nos habitudes.
 
Le CETA est, aujourd’hui, le cheval de Troie qui cache en son sein un autre accord, autrement plus dangereux pour nos économies : le TAFTA (partenariat transatlantique de commerce et d’investissement) que l’Union entend conclure avec les États-Unis.
 
Pour la Commission européenne, la Wallonie vient de signer une « déclaration de guerre à l’ordre économique mondial ». La région a pourtant prouvé que la souveraineté émane de peuples souverains et libres de déterminer les contours de leur avenir et leur destin. Et tant pis, finalement, s’il faut, dans certains combats, s’allier à une gauche incohérente dans ses rapports à la mondialisation.

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