Ceci n’est pas une blague : les écolos belges veulent éradiquer le manspreading

Collaborateur parlementaire belge
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Amis français, vous qui vous plaignez des responsables politiques de l’Hexagone et qui, probablement, trouvez chez les Verts et leurs alliés de quoi assouvir votre soif de propositions absurdes, peut-être voudrez-vous échanger Yannick Jadot, Cécile Duflot et Dany-le-vert-de-rouge contre les écologistes belges ?
 
Ces transfuges, au moins, vous feraient probablement rigoler. Beaucoup plus, en tout cas, que Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek sur France Inter, ces deux « humoristes » dont, je vous l’avoue, j’ai parfois, souvent, tout le temps, honte qu’ils soient de Belgique (à l’heure où l’on présente des excuses pour tout, veuillez donc accepter les miennes, au nom du peuple belge, de vous faire subir quotidiennement les deux histrions).
 
Écolo, donc – puisque c’est le nom du parti Vert en Belgique francophone -, vient de lancer une campagne contre le… manspreading. Rassurez-vous, je ne savais pas très bien non plus, jusqu’à hier matin, ce que recelait l’anglicisme.
 
Le manspreading, donc, est l’attitude déplaisante qu’ont les hommes à écarter les jambes quand ils se trouvent dans les transports publics, avec pour fâcheuse conséquence d’envahir l’espace au-delà du leur.
 
Ceci n’est malheureusement pas une blague. Ni un article du Gorafi. Ni un papier de Nordpresse, son mauvais pendant belge qui, depuis une semaine, fait le buzz avec un article stipulant que Marine Le Pen serait une création de… Gilbert Montagné (cela ne s’invente pas !).
 
C’est la députée (rassurez-vous, encore relativement peu connue) Céline Delforge qui est montée au créneau, photos à l’appui.

Son argumentation est, quant à elle, en béton : « Il y a quelques années, j’avais été particulièrement choquée par l’attitude d’un adolescent avec lequel je partageais une banquette pour deux personnes dans le bus. Je lui avais demandé de resserrer ses jambes qui étaient complètement écartées, mais il m’a répondu qu’il n’allait pas croiser les jambes comme une p… »
 
Le traumatisme fut donc tel pour la jeune femme que, des années plus tard, elle allait prendre son bâton de pèlerin pour inciter les hommes à ne plus écarter les jambes dans les transports publics.
 
Et ce n’est pas tout. Les courants féministes ont étudié le phénomène consistant, pour les hommes, à écarter les jambes « pour ne pas risquer d’exploser les boules de cristal qu’ils ont entre les cuisses ».
 
Et contre le syndrome des boules de cristal, la députée propose d’instaurer un… pictogramme. Il suffisait d’y penser.
 
Au moment où je termine cet article, jambes croisées, dans le train, je m’imagine déjà que, dès ce soir ou demain, vous ferez comme moi, dans le métro ou le bus. Vous observerez les affreux mâles et vous remarquerez l’étendue du fléau.
 
À l’heure de la guerre contre le terrorisme, du chômage de masse, de l’insécurité, il existe des responsables politiques qui s’occupent des choses vraiment essentielles. Et ça, finalement, c’est rassurant.

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