Editoriaux - Santé - Sciences - 24 juillet 2018

« Grands dieux, Charles-Édouard, ce que vous pouvez faire Prisunic avec votre viande sous cellophane ! » (Jacques Chazot citant Marie-Chantal)

Plus connue sous le nom d’ANSES, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnemment et autres choses de majeure importance tire la sonnette d’alarme sur le triplement des infections sexuellement transmissibles de 2012 à 2016.

Sur la plus haute marche du podium (cinq fois plus fréquent que le gonocoque et sa célèbre « chaude-pisse »), on trouve le chlamydia qui, quoique n’entraînant souvent aucun symptôme, peut produire des séquelles graves non seulement pour la mère, mais aussi pour l’enfant en cas de grossesse. Quant à la syphilis, devenue si rare à la fin du siècle dernier qu’elle fut retirée de la liste des maladies à déclaration obligatoire, elle connaît ces dernières années une forte augmentation chez les hommes gay ou bisexuels, alors que le nombre de découvertes annuelles de porteurs du VIH reste stable. Le Grand Remplacement, c’est aussi pour les maladies…

Mais les chiffres ne sont pas toujours le reflet de la réalité. Il y a « l’effet douanier » : plus on en met en place, plus on trouve de trafiquants, alors qu’en réalité, il n’y en a pas plus qu’avant ; l’amélioration du dépistage a les mêmes effets. À l’opposé, il y a ceux – par définition inchiffrables – qui passeront toujours « sous le radar » des examens biologiques proposés. Mais malgré ces approximations, un triplement des cas dépistés a de quoi inquiéter.

Et, comme on pouvait s’y attendre, l’agence d’État ne conclut que par un rappel de l’intérêt du préservatif : « Le poids très important des infections à chlamydia et à gonocoque mis en évidence par cette enquête souligne l’importance de l’utilisation du préservatif et du dépistage régulier en cas de rapports sexuels non protégés ». D’accord, mais pour expliquer cette croissance des MST en dépit de toutes les mises en garde familiales, scolaires, médiatiques, associatives, etc., on ne trouve pas grand monde. Certains incriminent les applications de drague sur smartphone, dont une étude anglaise conclut que « les utilisateurs de ces applications ont été plus souvent testés positifs pour la chlamydia et la gonorrhée que les individus qui ont rencontré leur partenaire grâce à d’autres méthodes (dans des bars, clubs…) ». Soit.

D’autres avancent une hypothèse plus technique sur la relative stabilité du VIH face aux autres MST : « En dépit de l’adhésion de nombreuses personnes au principe du “safe sex” pour la pénétration rectale et vaginale, presque personne (à l’exception des travailleurs du sexe) n’utilise de préservatif pour le sexe oral. Ainsi, alors qu’il n’y a qu’un minuscule risque de transmission du VIH, il y a toujours un risque élevé sur la transmission de la syphilis, de la gonorrhée et/ou la chlamydia. » Pas bête !

Ceux qui sont, comme moi, de la génération pré-SIDA, qui pouvaient faire le tour du monde du libertinage sans risque avec deux boîtes d’antibiotiques, ont été bien chanceux, mais la nature s’est vengée… Ne reste plus, à nos héritiers, qu’à se fier à ce petit truc en latex (« cuirasse contre le plaisir, toile d’araignée contre le danger ») et, avant tout… à leur discernement.

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