Cinéma - Editoriaux - Histoire - People - 14 septembre 2018

Grace Kelly : finalement, c’était elle qui avait « la mort aux trousses »

Le mardi 14 septembre 1982, il y a 36 ans jour pour jour, un voile de deuil recouvrait la riante et prospère principauté de Monaco. La rayonnante princesse Grace venait de mourir après un très grave accident de voiture.

D’une mère mannequin, elle avait hérité une plastique parfaite.

De son père, d’origine irlandaise, entrepreneur et grand sportif, médaillé d’aviron, la ténacité dans l’effort, la volonté.

Et de son éducation catholique, un sens du devoir qui explique sans doute pourquoi, tentée de reprendre le cinéma six ans après son mariage avec le prince Rainier, sollicitée par Alfred Hitchcock, elle y renoncera dans une lettre émouvante où perce sa déception.

Elle ne donne pas la cause de ce refus, mais Hitchcock l’a sans doute compris puisqu’il lui répond : « Vous avez sans doute raison de faire ce choix à ce moment de votre vie. Ce n’est qu’un film, après tout. » Grace a alors deux enfants en bas âge et entend s’en occuper elle-même.

Elle restera pourtant dans nos mémoires moins comme l’épouse dévouée et la mère attentive que comme la ravissante apparition qu’elle offre à James Stewart, cloué dans son fauteuil, dans Fenêtre sur cour, comme la femme en apparence naïve et fragile du film Le crime était presque parfait qui tuera tout de même son assassin à l’aide d’une paire de ciseaux, ou encore comme la milliardaire à la beauté éclatante et froide, apparemment insensible au charme de Cary Grant de La Main au collet.

Certes, Rainier avait souhaité que lui soit présentée cette actrice très belle mais aussi très « classe » pour rendre à sa principauté un éclat qu’elle avait quelque peu perdu. Mais l’ambition peut parfois rencontrer l’amour. Les images tournées par Paris Match lors de la première visite de Grace à Monaco à l’occasion du Festival de Cannes sont sans équivoque. L’attirance existe bien, et elle est partagée, puisque la belle actrice sacrifiera au prince une carrière plus que prometteuse.

Ce choix fit d’elle un mythe, celui de la belle actrice qui devient princesse comme dans les rêves de petite fille .

Elle est morte, comme chantait Barbara, « avant qu’on la voie fanée sous sa dentelle » au début d’une cinquantaine apparemment rayonnante, en réalité minée par une santé fragile, comme en témoignent les expertises faites après l’accident qui lui coûta la vie sur la route vertigineuse qui descend de La Turbie au « Rocher ».

Victime de terribles maux de tête, elle aurait pourtant accompagné elle-même sa fille de 17 ans, Stéphanie, à l’aéoport d’où elle partait pour un stage chez Dior à Paris, et un AVC lui aurait fait perdre connaissance.

Comme lors de la mort d’une autre princesse, Diana, quinze ans plus tard, les rumeurs allèrent bon train. Stéphanie aurait pris le volant et « tué sa mère », il n’y avait pas de trace de freinage, donc les freins auraient été sabotés…

Mieux vaut garder en tête pour l’éternité l’image que Bertrand Tessier a mise sur la couverture de son livre Grace, la princesse déracinée paru l’année de sa mort : elle y conduit toute souriante, dans sa somptueuse limousine, le Cary Grant un peu renfrogné par ses taquineries de La Main au collet.

Finalement, ce n’était pas lui mais elle qui avait « la mort aux trousses ».

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