Stéphane Hessel ou les impostures de l’ancêtre suprême

Avocat et essayiste.

Président de Avocats sans frontières.

 

Les médias au service de la culture dominante ne se lassent pas de s’interroger avec une feinte inquiétude sur la droitisation de l’opposition. Il n’est peut-être pas interdit à la nécessaire contre-culture de résistance de réfléchir à la gauchisation du Parti Socialiste.

Dans ce cadre, le score de 12 %, réalisé par la motion présentée par Stéphane Hessel arrive à point nommé.

J’ai consacré un livre à dénoncer les mensonges avérés, les postures et les impostures de l’ancêtre suprême, ses indignations à sens unique et sa fixation pathologique sur la question palestinienne.

Mais je veux rappeler ici, à destination des petits marquis médiatiques qui ont fait le lit du succès phénoménal d’un livre sans consistance, ainsi qu’aux 12% des socialistes qui ont voté pour lui, le morceau de bravoure de l’interview surréaliste que leur vénérable et vénéré héros avait donnée l’année dernière au Frankfurter Allgemeine Zeitung et dans laquelle il considérait comme « souple » l’occupation nazie :

« Aujourd’hui nous pouvons constater ceci : la souplesse de la politique d’occupation allemande permettait, à la fin de la guerre encore, une politique culturelle d’ouverture. Il était permis à Paris de jouer des pièces de Jean-Paul Sartre ou d’écouter Juliette Greco.

Si je peux oser une comparaison audacieuse sur un sujet qui me touche, j’affirme ceci : l’occupation allemande était, si on la compare par exemple avec l’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement inoffensive, abstraction faite d’éléments d’exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions ainsi que le vol d’œuvres d’art.

Tout cela était terrible mais il s’agissait d’une politique d’occupation qui voulait agir positivement et, de ce fait, nous rendait, à nous résistants, le travail si difficile. »

​‌”

Je ne suis pas le premier à reproduire cette interview ahurissante, mon ami Pierre-André Taguieff y a procédé également. Et pourtant, silence radio. Impunité. Néant. Pour infiniment moins que cela, Le Pen père a été condamné pénalement.

Malgré cela, qui devrait le déconsidérer à tout jamais, malgré tout le reste, notre président lui donne du « cher Stéphane » et 12 % des membres de son parti le plébiscitent…

Pour un peu, on s’en indignerait.

G.-W. Goldnadel
Avocat et essayiste.
Président de Avocats sans frontières.
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