G.-W. Goldnadel : Israël a le droit de ne pas jouer son sort aux dés !

Avocat et essayiste.

Président de Avocats sans frontières.

 

Entre la Palestine et Israël, c’est l’escalade. Les vieilles haines recuites ressortent, mettant le feu aux poudres. Obama a appelé à l’apaisement. On avait le sentiment que Netanyahu jouait aussi cette carte-là, lorsqu’il y a quelques jours, il exhortait à garder la tête froide, et, au sujet du jeune adolescent palestinien assassiné, parlait de « crime abominable », promettant que les auteurs « subiraient toute la rigueur de la loi ». Et puis soudain, c’est la loi du Talion, œil pour œil, dent pour dent, et même au-delà encore…

Non, il ne faut pas analyser le présent conflit dans le cadre d’un quelconque pathos lié à ces meurtres d’adolescents. Ce qui se joue en ce moment, se joue sur le terrain politique et militaire. Le Hamas a lancé ses attaques depuis quinze jours déjà. C’est d’ailleurs, d’une certaine façon un signe de faiblesse, il se sent « à la rue », plus ou moins lâché par ses principaux soutiens, alors c’est la fuite en avant, pour obtenir que le blocus (destiné à empêcher l’armement de rentrer) soit desserré. C’est un pari à très haut risque.

Dans un premier temps Netanyahu était peu enclin à entrer dans la bataille, il aurait préféré que grâce à la médiation égyptienne, le Hamas renonce. Et ce manque d’enthousiasme se justifie : Il est possible qu’une intervention terrestre soit rendue nécessaire. Le Hamas, a de très nombreuses armes à moyenne et longue portée dissimulées dans les habitations (écoles, hôpitaux, mosquées, etc.), ce qui rend difficile l’action des drones et des frappes aériennes. Avec le risque de toucher la population. La Propagande du Hamas est très forte pour cela, d’autant plus qu’une certaine idéologie occidentale y est très perméable… La BBC vient de révéler que de fausses images, datant de l’Irak et de la Syrie, circulaient.

La situation vous inquiète-t-elle ? Vous croyez à un embrasement prochain ?

Non, je n’y crois pas. Pour Israël, c’est un problème de dissuasion, c’est tout. Les israéliens ne peuvent pas accepter de voir leur vie pourrie par un territoire voisin. Pour les occidentaux ce n’est sans doute pas spectaculaire… car dans le sud, les gens vont se réfugier dans les abris ce qui évite les morts, et dans le nord il y a le Dôme de fer qui montre son efficacité.

Que pensez -vous de l’attitude des Occidentaux, et de celle d’Obama ?

La manière de réagir en l’Europe est révélatrice du relativisme ambiant et de toute une mentalité. Il y a un match entre Israël et une organisation islamiste qu’ils ont eux-mêmes, comme les Etats-Unis, classée terroriste, Il ne devrait pas y avoir de renvoi dos-à-dos. Cela en dit long sur l’état d’esprit.

Quant à Obama, il a perdu toute crédibilité : il a laissé bafouer les lignes rouges qu’il avait lui-même tracées en Syrie concernant l’utilisation des armes chimiques, et s’est en conséquence totalement depuis discrédité en Irak.

Comment les croire, tous autant qu’ils sont ? Les Européens et l’Onu, après la dernière guerre au Liban, avaient garanti que le Hezbollah ne se réarmerait pas. Le Hezbollah a aujourd’hui infiniment plus d’armes qu’il n’en avait en 2006. Les engagements signés ne valent même pas le prix du papier. Israël est en état de légitime défense et isolé, a fortiori dans un monde arabe qui va à vau-l’eau. Aujourd’hui il y a trois Irak, trois Lybie et trois Syrie. Personne n’aurait pu imaginer il y quelques années une telle situation. Cela devrait rend humbles les donneurs de conseils… qu’on ne leur demande pas. Si Israël avait rendu le Golan, il aurait les djihadistes syriens à sa frontière. Israël a le droit de ne pas jouer son sort aux dés !

Il faut que cet entretien soit diffusé ?
Cliquez sur J'aime !

Recevez gratuitement nos articles !


Président de Avocats sans frontières.

AUJOURD'HUI SUR BOULEVARD VOLTAIRE

Les commentaires sur cette page sont fermés.