Audio - Editoriaux - Education - Entretiens - 30 août 2018

Gilles Ardinat : « La vraie réforme du bac serait de rehausser l’exigence du diplôme »

À l’occasion de la rentrée scolaire, Gilles Ardinat, coordinateur national du forum École & Nation, déplore la réforme du bac et l’échec du portail Parcoursup concernant l’affectation des étudiants.

Vous êtes conseiller régional Rassemblement national et coordinateur national du Forum École & Nation. Jean-Michel Blanquer a fait son discours de rentrée aujourd’hui. Il a évoqué, notamment, la réforme du bac. Cela fera-t-il partie de vos chantiers, cette année ?

Notre opposition à la réforme du bac est totale depuis le début. Selon nous, elle passe complètement à côté du problème fondamental. Le baccalauréat souffre d’une dévalorisation continue, c’est-à-dire la baisse du niveau d’exigence et de sa distribution à des élèves dont le niveau baisse régulièrement. Ce n’est pas nous qui le disons mais toutes les enquêtes internationales.
La vraie réforme du bac serait de rehausser l’exigence du diplôme pour qu’il redevienne sélectif.
Cette réforme-là réglerait en grande partie le problème de l’engorgement et de l’échec à l’université. Au lieu de cela, monsieur Blanquer s’est inspiré des travaux du socialiste Pierre Mathiot pour faire un chamboule-tout au niveau du bac général qui, selon nous, ne va pas améliorer ce diplôme et risque au contraire, à cause du contrôle continu et du grand oral, de le dévaloriser davantage. Nous sommes extrêmement préoccupés. À l’occasion de notre rentrée politique, nous alerterons les Français pour que monsieur Blanquer revoie sa copie concernant le baccalauréat.

Que pensez-vous de la mise en place de la plate-forme Parcoursup ? Les résultats semblent loin d’être parfaits.

Dès le départ du plan étudiant qui avait été annoncé par le Premier ministre Édouard Philippe, nous avions annoncé en quelque sorte la chronique de cet échec.
Dans cette affaire, il y a une erreur d’analyse à l’origine. Parcoursup est une solution technologique. En changeant un portail et le support technique de l’affectation des étudiants, le gouvernement a espéré donner une réponse à un problème qui n’est ni technique ni technologique, mais politique.
Le problème politique est un problème de fond. Dans les années 80, les idéologues socialistes ont décidé de donner le bac à quasiment toute une génération. Nous avons, désormais, atteint la cible des 80 % d’une génération titulaire du bac. Pour l’obtenir, il a fallu baisser le niveau du bac, qui n’est plus du tout un diplôme sélectif, et ouvrir les universités dans des proportions où celles-ci sont complètement submergées. Ce portail Parcoursup est un support Internet qui ne traite pas le fond du problème.
Madame Vidal, le ministre de référence sur ce sujet, fera un bilan à la fin du mois. Nous savons d’ores et déjà que Parcoursup a été un échec. Cela a nécessité un énorme travail dans les universités pour sélectionner les dossiers, dans les rectorats pour porter la réforme et dans les lycées pour préparer les élèves. Cet énorme travail n’aura en aucun cas réglé le problème de l’engorgement à l’université. Il l’aura même aggravé à certains égards, notamment sur le calendrier. Avec l’ancien portail APB, les réponses tombaient beaucoup plus tôt et le temps d’attente et de stress des familles et des étudiants était plus court. Finalement, les bénéfices sont proches de zéro. Le seul point positif, qui était une demande de notre parti depuis des années, est que la réforme de l’entrée à l’université a supprimé le scandale du tirage au sort au niveau des filières. Nous avons tendance à nous dire « autant d’effort pour un résultat aussi inefficace ». Il y a donc une grosse déception, également, dans les rangs de l’Éducation nationale.

C’est la deuxième rentrée scolaire de Jean-Michel Blanquer en tant que ministre de l’Éducation nationale après sa succession à Najat Vallaud-Belkacem. Il avait suscité beaucoup d’espoir, notamment chez les conservateurs. Est-ce à tort ou à raison ?

Il faut être raisonnable, Jean-Michel Blanquer est évidemment préférable et beaucoup plus compétent que Najat Vallaud-Belkacem. Il faut être clair là-dessus. Même si nous critiquons un certain nombre de ses réformes, il y a quand même une amélioration. Najat Vallaud-Belkacem constituait vraiment le sommet de l’incompétence et de l’arrogance.
Nous voyons une amélioration avec monsieur Blanquer.
Nous lui reprochons, néanmoins, de faire énormément d’effets d’annonce sans, malheureusement, aller jusqu’au bout de sa démarche. Cela aboutit donc à des résultats mitigés.
C’est pourquoi nous essayons, à notre niveau et sur le plan politique avec le Forum École & Nation et le Rassemblement national, d’être force de critiques constructives et de propositions.

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