Editoriaux - Politique - 5 décembre 2018

Gilets jaunes : pour un changement de politique sans moratoire !

Notre pays connaît une révolte contre la sur-fiscalisation des carburants, toujours soutenue par plus de 80 % des Français. Emmanuel Macron reste hermétique aux revendications des Français, en restant « temporairement » arc-bouté sur sa nouvelle politique écologique dissuasive.

Les Français aspirent à vivre dignement de leur travail, pas via un moratoire. Ils se sentent, aujourd’hui, méprisés, étranglés par le gouvernement. Ils sont déterminés à obtenir gain de cause avec des réponses de long terme ; les manifestations pourront s’arrêter si les réponses sont adaptées. Or, alléger la facture pour six mois n’est pas suffisant.

Des violences inacceptables ont eu lieu, ces derniers week-ends, en marge de certaines manifestations ou à l’initiative de casseurs de tout poil. Elles sont toutes condamnables et nous devons rendre hommage aux forces de l’ordre qui sont au bord de l’implosion. L’absence de vision politique et le manque d’empathie du pouvoir actuel exaspèrent inutilement nos concitoyens, créant ces désordres inutiles et dangereux.

Du côté des gilets jaunes, il ne faut pas se disperser dans des revendications multiples, qui ne permettront pas de déboucher sur une solution stable.

Pour sortir de ce dilemme, il faut revenir à des choses simples, lisibles et compréhensibles pour tous. L’origine du malaise provient de la hausse des carburants ; il faut obtenir une réduction permanente des taxes et Emmanuel Macron doit faire un effort significatif pour que les Français se sentent compris. Un seuil de 1,25 à 1,30 euro par litre affiché serait vraisemblablement acceptable (tout en plafonnant, dans une nouvelle mesure, toutes les taxes carburant à un maximum de 50 %). Le reste est littérature.

L’État a la boulimie de taxes en tous genres, avec des prélèvements obligatoires qui atteignent des plafonds. Pour y remédier, allégeons la dépense publique de manière vertueuse et rendons notre pays plus compétitif. Supprimons, aussi vite que possible, les dépenses inutiles. Nous pouvons tous en trouver !

Pour la transition écologique, qui ne veut pas sauver la planète ? Tout le monde devrait être d’accord si était proposé qu’en 2040, 90 % des voitures diesel et des chaudières fioul soient supprimés. Il faut une écologie incitative et non pas punitive. Annoncer brutalement des changements pour demain est impossible, financièrement, pour les Français.

La question de l’environnement est centrale, mais quitte à organiser un référendum, faut-il le faire sur une question de transition écologique ou sur la maîtrise de l’immigration et la signature du pacte de l’ONU ? Il faut juste du bon sens. Taxons aussi de manière égale les cargos et les jumbos. L’effet induit sera de favoriser les circuits courts, bien plus écologiques.

N’oublions pas que les changements de direction peuvent être obtenus dans le calme au moment des élections. Les européennes sont dans moins de six mois. Ce sera le moment de sanctionner le pouvoir actuel. Il ne s’agit pas, comme le dit Emmanuel Macron, de « donner à nos travailleurs une place dans la mondialisation » mais, plutôt, de protéger les travailleurs français face à une mondialisation et à un hyperlibéralisme débridés. La reprise de notre souveraineté et le refus de l’abandonner à une Europe supranationale sont aussi en filigrane des inquiétudes des gilets jaunes. Alors, une fois obtenu un retour à un prix raisonnable pour les carburants, le rendez-vous que nous pourrons nous fixer est dans les urnes en mai 2019 pour un changement pérenne de politique.

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