Vincent Peillon face au fascisme rampant…

Colonel à la retraite
 

Vincent Peillon : preuve éclatante que l’insignifiance conduit à l’excès et non le contraire, comme le prétendait Talleyrand ! Débarqué dans la primaire de la gauche comme un cheveu sur la soupe, M. Peillon se sent obligé de se pousser du col pour exister dans le dispositif, se disant sans doute qu’il n’a rien à perdre et que sur un malentendu…

Alors mardi soir, invité de David Pujadas et Léa Salamé, Vincent Peillon s’est lâché en déclarant : « Le problème, ce n’est pas Manuel Valls, en France. Le problème, c’est le fascisme rampant de Mme Le Pen qui utilise les mots de la République pour faire le contraire… » « Elle fait de la laïcité un instrument non pas de liberté mais un instrument de violence. » Tout y passe, dans ces propos. Le vocabulaire traditionnel de la gauche, celui qui fit jadis recette : le fascisme n’est pas mort ; il est bien vivant, forcément rampant, tel le serpent, se glissant sournoisement dans l’entrejambe de la République en danger. Rien de tel, donc, que d’en appeler à la lutte contre les fachos pour réveiller une gauche moribonde. Évidemment, les seuls défenseurs de la vraie laïcité, c’est la gauche : elle en est l’inventrice, la propriétaire de jure et elle seule est habilitée à distribuer le label de qualité.

C’est vrai que la gauche en connaît un rayon, en matière de laïcité, elle qui, depuis trois décennies, ne doit sa survie en maintes villes qu’à coups de subventions aux associations communautaristes. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’un d’eux, Malek Boutih, député de l’Essonne, qui déclarait en janvier 2015 au Point : « Des élus locaux corrompus ont pactisé avec les gangsters et les islamo-nazis. » Et il visait ses petits camarades socialistes : « Je ne vais pas être gentil au PS. Il faut que chacun nettoie devant sa porte. »

Le Front national ferait donc de la laïcité un instrument de violence et non de liberté, selon M. Peillon.

La gauche, elle, a fait mieux, c’est bien connu ! Toujours Malek Boutih : « On a un problème avec l’application des règles laïques. Quand, dans certaines municipalités [on pense à Lille], c’est déjà un problème. Ça n’est plus acceptable… » Le Front national dit-il autre chose ?

On l’a bien compris, M. Peillon joue la carte de l’agitation-provocation pour tenter de mobiliser derrière son nom. Contrairement à ce qu’il dit, le problème est bien, en tout cas pour lui, Manuel Valls. Plus Vincent Peillon tapera sur Marine Le Pen et accessoirement sur François Fillon, plus il se crédibilisera en vrai défenseur des valeurs de gauche – pas la défense des couches populaires, ça, c’est fini, mais la défense du peuple nouveau venu d’ailleurs -, plus il aura peut-être une chance de réveiller les électeurs de gauche, y compris les étrangers autorisés à voter à cette primaire, face à un Manuel Valls qui défendit naguère l’indéfendable – je veux parler de la déchéance de nationalité.

Le problème, c’est que Vincent Peillon n’est pas seul sur ce registre. Alors il faut s’attendre, dans les jours qui viennent, à une surenchère verbale. Le concours de résistance au fascisme est ouvert à gauche. Des fantoches face à des fantômes.

Pour finir, on ne peut laisser passer cette perle de M. Peillon, qui n’est pourtant pas allé à l’école de Mme Vallaud-Belkacem : « Si certains veulent utiliser la laïcité, ça a déjà été fait dans le passé, c’était il y a 40 ans, les juifs à qui on mettait des étoiles jaunes. » Il y a 40 ans : en 1977, donc… Vingt ans plus tôt, c’est un bonnet d’âne qu’on aurait mis à M. Peillon !

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