Richelieu, Marine Le Pen : remettre la France en ordre

Colonel à la retraite
 

Marine Le Pen a offert ses vœux de combat aux Français devant le portrait du cardinal de Richelieu. Richelieu qui n’eut de cesse, toute sa vie, que le souverain soit « empereur en son royaume », pour reprendre la formule traditionnelle des légistes français. Quoi de plus cohérent, en somme, avec ce que Marine Le Pen veut pour la France !

« Je veux remettre la France en ordre, en cinq ans », déclarait-elle le 7 décembre 2016 sur le plateau de TF1. « Je veux remettre en ordre la Justice… Je veux remettre l’École en ordre. Je veux remettre la diplomatie en ordre. Je veux remettre l’économie en ordre… Je veux remettre en ordre l’organisation territoriale. Je veux remettre en ordre la laïcité. »

On est loin, en tout cas, des pleurnicheries que François Hollande nous a infligées le 31 décembre au soir, un François Hollande cravaté de gris-noir, ordonnateur de sa propre pompe funèbre, un François Hollande à qui, jusqu’au bout, cela aura arraché la gueule d’appeler un chat un chat et un islamiste un islamiste.

Des vœux de combat, donc, sous le portrait du principal ministre de Louis XIII, botté et cuirassé et néanmoins drapé de sa pourpre cardinalice, au siège de La Rochelle : le symbole ne plaira peut-être pas à tout le monde mais, cependant, il est clair. Il s’agit de remettre le bien commun au centre du débat politique.

Dans son Testament politique, Richelieu n’écrivait-il pas : « Les intérêts publics doivent être l’unique fin du prince et de ses conseillers ou, du moins, les uns et les autres sont obligés de les avoir en si singulière recommandation qu’ils les préfèrent à tous les particuliers. » On est loin des lois pour faire plaisir à certains, comme celle en faveur du mariage homosexuel, votée sous le « règne » de François Hollande…

Richelieu, c’est un « programme », un projet pour la France et son roi, en trois points.

Premièrement, assurer l’unité du royaume en réduisant les privilèges acquis par le protestantisme qui s’était constitué en véritable État dans l’État depuis l’édit de Nantes. Un protestantisme soutenu, en outre, par l’étranger : l’Angleterre. D’où le siège de La Rochelle en 1627-1628.

Deuxièmement, mettre les « Grands » au pas. La décapitation, place des Terreaux à Lyon en 1642, du jeune marquis de Cinq-Mars, soupçonné de conspiration, fut un exemple. Le Cardinal n’estima pas que la « personnalité » du grand écuyer de France, « sa réputation nationale et internationale », comme on a pu lire récemment dans le verdict du procès d’une autre « Grande », méritassent un quelconque passe-droit.

Troisièmement, rabaisser la puissance des Habsbourg dont les deux branches, l’autrichienne et l’espagnole, prenaient alors la France en tenaille.

Aujourd’hui, le programme pour la France et son souverain – le peuple – pourrait, de la même manière, tenir en trois points, assez similaires à ceux du programme du fondateur de l’Académie française.

Premièrement, mettre fin au communautarisme islamiste qui dispose de véritables places fortes en ce pays, où l’ordre républicain ne règne plus et, qui plus est, bénéficie d’appuis à l’étranger dont les troupes sont sans doute plus redoutables que celles du roi d’Angleterre.

Deuxièmement, rabaisser la puissance de ces « élites », notamment politiques, qui depuis quarante ans conduisent notre pays là où il en est aujourd’hui et n’ont de cesse de livrer la France au « parti de l’étranger ».

Troisièmement, enfin, supprimer l’emprise de l’Union européenne, cette espèce de Saint Empire romain germanique des temps modernes. Un empire qui n’est ni saint ni romain mais seulement germanique, et encore, pour combien de temps…

Remettre la France en ordre, c’est bien de cela qu’il s’agit.

« L’Ordre », ce beau mot devenu un gros mot pour ceux qui, en 68, se juchaient sur la statue de Richelieu à La Sorbonne afin d’écouter Sartre et qui, aujourd’hui, Dieu merci, crachent leurs dernières dents.

AUJOURD'HUI SUR BOULEVARD VOLTAIRE

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