Primaire de la gauche : sept candidats. Pas moins, pas plus…

Colonel à la retraite
 

C’est fait, ils ont leurs sept candidats : tout comme la droite et le centre. Six hommes, une femme : tout comme la droite et le centre. Faut reconnaître que, dans le genre « parallélisme des formes », c’est impeccable. Ils auraient voulu le faire exprès qu’ils n’y seraient pas arrivés. Les chaînes de télévision pourront même faire des économies en recyclant, après un petit coup de peinture, les décors de la primaire de leurs chers voisins.

Bon, le camarade Filoche, qui a déposé un recours, ne devrait pas être du show : trop prolo ou ringard, probablement. Dommage, car il aurait peut-être fait dans le saignant, lui, l’ancien inspecteur du travail, en pointant du doigt les Valls, Hamon, Rugy et Pinel, qui ont en commun de n’avoir jamais exercé d’autre métier que la politique : un milieu professionnel où les accidents du travail sont rarement mortels.

Sept, c’est bien. Un chiffre magique, c’est bien connu. Les sept couleurs de l’arc-en-ciel. Les sept péchés capitaux, aussi. Les sept samouraïs qui font le pendant des sept salopards et qui nous feraient presque oublier les sept nains et la septième compagnie. Non, vraiment, sept, c’est bien. Camba, c’est du bon boulot.

Passons rapidement sur les inutilités. Deux écolos pour le prix d’un, histoire de faire bon poids à Mme Duflot, qui doit bouder dans son coin. L’un, tendance débraillée, boucle d’oreille de rigueur et défenseur de la libération du chichon. L’autre, plus vieille France, cravate de rigueur, s’est fait griller la politesse par la Barbara et le Coréen dans l’unes des dernières distributions de maroquins du quinquennat en janvier 2016.

Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy sont leurs noms. L’un ne mourra pas s’il n’est jamais ministre. L’autre, faut voir…

Dans le registre des espèces protégées, le Parti radical de gauche participe, de jure, à cette primaire à travers la candidature de Mme Pinel, héritière politique de M. Jean-Michel Baylet, l’homme qui doit aimer les femmes bien trempées. La preuve vivante que la « gauche cassoulet » n’est pas une réserve de mâles en tablier, bouffant de la viande le vendredi et du curé le dimanche.

Arrive ensuite un quarteron de ministres en retraite (certaines mauvaises langues diraient en débâcle), pour pasticher une expression bien connue et cependant inappropriée – chacun sait qu’un quarteron n’est pas un groupe de quatre personnes ! Là, c’est du lourd, du sérieux.

Tout d’abord, un ancien ministre de l’Éducation qui se prenait tout à la fois pour Jules Ferry et Ferdinand Buisson et rêvait de créer une nouvelle religion. Faut commencer par le commencement, lui aurait dit Talleyrand : voyez Jésus-Christ ! M. Peillon devait s’emmerder au Parlement européen. Sauf surprise, il devra se faire une raison… Puis, un autre ministre de l’Éducation émérite. Décidément ! Benoît Hamon, commandeur ex officio des Palmes académiques, décoration qu’il porte fièrement à la boutonnière, depuis peu, histoire sans doute de se notabiliser. Les profs blanchis sous le harnois à travers les champs de bataille et de ruine de l’Éducation nationale apprécieront. Vient ensuite le picaresque Arnaud Montebourg, joyeux enfant de la Bourgogne. L’art du verbe et de la verve, un verre à la main. Enfin, pour les verges, qu’il aime à donner aux autres, vient Manuel Valls. L’homme qui a réussi à empailler de son vivant François Hollande. De la taxidermie de première bourre : le pelage reste impeccable, dit-on. Manuel Valls, l’homme qui a réussi la plus courte traversée du désert de l’histoire politique française : trois minutes, le temps de quitter Matignon pour monter dans sa voiture de candidat à la présidence de la République.

Avec tout ça, un pronostic ? Non. À l’heure où j’écris ces lignes, Camba, véritable Monsieur Loyal, vient de tweeter à Filoche d’arrêter son cirque. Bonne idée. Démontage du barnum : dimanche 29 janvier 2017.

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