Condamnation pour violences volontaires du maire socialiste de Carpentras

Colonel à la retraite
 

Francis Adolphe, maire socialiste de Carpentras (Vaucluse), a été déclaré coupable de violences volontaires sur son ex-compagne, mercredi 16 mars, par le tribunal correctionnel de Nîmes. Il a été condamné à deux mois de prison avec sursis et 1.500 euros d’amende, sans parler du versement d’une provision pour les intérêts civils et les frais de justice. 

On ne sait pas si Manuel Valls, qui était venu aider son ami en difficulté lors des élections municipales de 2014, va lui adresser un message de sympathie ou, mieux encore, une injonction dans laquelle il lui demandera de prendre ses responsabilités, comme il l’a fait pour Mgr Barbarin qui, lui, pour l’instant, n’a pas été mis en examen et encore moins condamné. La République, qui désormais dit à un évêque ce qu’il doit faire, peut, pour le moins, en faire autant pour un élu de ladite République…

Cette condamnation d’un élu, premier magistrat de sa ville, officier d’état civil et officier de police judiciaire, responsable de la concorde dans la cité, pose la question délicate des limites entre vie privée et vie publique. Évidemment, tout homme public a droit à sa vie privée. En revanche, l’espace public n’a pas à être envahi par la vie privée de l’homme public.

En l’espèce, c’est bien ce qui se passe dans une telle affaire. Tout d’abord, lorsque l’ex-compagne de l’édile dépose plainte auprès d’un officier de police judiciaire et que le maire est placé en garde à vue pendant plusieurs heures. Ensuite, lorsque l’affaire est jugée au nom du peuple français. L’élu convoqué au prétoire est évidemment et momentanément – le jugement a duré près de trois heures ! – empêché d’exercer sa charge. Mais pire : sa vie privée, les scènes de ménage (avec les versions de l’un et de l’autre), les états d’âme, les failles, les faiblesses, voire les pleurnicheries amoureuses sont étalés publiquement. C’est la dure loi du procès public qui s’applique à tous les citoyens, mais c’est la loi.

On voit alors qu’il est difficile de séparer complètement vie privée et vie publique, à moins d’être une sorte de Docteur Jekyll et Mr. Hyde, ce qui, pour le moins, serait inquiétant pour les citoyens qui, par ailleurs, attendent l’exemplarité de ceux qui les représentent. L’homme est un tout. S’il est malade, il n’est pas malade dans sa vie privée et en bonne santé dans sa vie publique. C’est, du reste, la réflexion que l’on pouvait se faire en entendant les réquisitions du procureur, demandant de prononcer une obligation de soin pour M. Adolphe, demande qui n’a pas été suivie par le juge du siège.

L’homme est un tout. Il a une seule santé, une seule conscience, un seul honneur aussi. Pour juger du point d’honneur, on reste encore son meilleur juge et M. Adolphe est donc aujourd’hui face à lui-même. Pourra-t-il encore, par exemple et en exemple, au nom de la loi, marier des personnes et leur lire sans sourciller l’article 212 du Code civil, même si les faits qui lui sont reprochés ont eu pour victime sa concubine et non son épouse ?

Et puis, il y a l’honneur de la cité. Une cité de 30.000 habitants – mais il n’y en aurait que dix, cela ne changerait rien au principe – peut-elle avoir à sa tête un homme condamné, non pas pour une contravention, mais pour un délit de violences volontaires ? À l’évidence, l’honneur de la cité commanderait que M. Adolphe résilie sa charge, au moins temporairement, jusqu’au jugement de la cour d’appel, puisque appel il devrait y avoir.

Vous me direz, maintenant, l’honneur…

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