Anne Hidalgo, la diffamante

Colonel à la retraite
 

Ne boudons pas notre plaisir : Mme Anne Hidalgo vient d’être condamnée par le tribunal correctionnel de Paris pour diffamation, suite aux propos qu’elle avait tenus sur le Front national. Souvenez-vous, c’était le 24 septembre 2012, sur le plateau d’i>Télé. La « petite chose » de Bertrand Delanoë avait déclaré avec l’aplomb des sachants et des bien-pensants : « L’histoire a du sens, le Front national n’est pas un parti qui s’est constitué dans le cadre républicain, c’est un parti qui a lutté contre la République, qui a soutenu pendant la guerre la collaboration avec les nazis. »

Plus c’est gros, plus ça passe. Est-il en effet nécessaire de rappeler que le Front national a été fondé en 1972 ? Oui, mais là, on chipote. L’avocat de Mme Hildalgo, Jean-Pierre Mignard, accessoirement ami de François Hollande et, ironie du sort si l’on peut dire, membre du conseil d’administration du Souvenir français depuis septembre 2015, a argué pour défendre sa cliente qu’« un parti politique est toujours le résultat d’une histoire ». Pour lui, le FN s’inscrit dans la lignée de « la famille nationaliste ou même néofasciste ». Pour appuyer son argumentation devant le tribunal, il a cité un certain nombre de fondateurs du parti de Jean-Marie Le Pen, considérés comme « collaborateurs notoires ». Le souvenir passe par la mémoire et la mémoire par la chronologie. On comprend alors pourquoi la gauche, de longue date, s’est évertuée à détruire dans les programmes de l’Éducation nationale les références chronologiques. Si l’on tord le coup à la chronologie, on peut plus facilement accommoder l’Histoire à sa sauce.

Bien évidemment, on imagine que l’éminent membre du Comité consultatif d’éthique qu’est M. Mignard a fait semblant d’ignorer que, parmi les fondateurs du Front, il y avait d’authentiques résistants : Michel de Camaret (1915-1987), résistant de la première heure, Compagnon de la Libération, le comte Horace Savelli (1906-1998), qui rallia les FFL dès 1940, lui aussi Compagnon de la Libération, Rolande Birgy (1913-2002), Juste parmi les Nations. Un détail de l’Histoire, sans doute…

Mais au fond, Me Mignard a raison : un parti, comme une famille du reste, est toujours le résultat d’une histoire. Ainsi, le Parti socialiste et le PRG ne sont-ils pas les héritiers directs de la vieille SFIO et des radicaux socialistes dont près de 150 parlementaires, députés et sénateurs, votèrent, dans un lâche soulagement, les pleins pouvoirs à Pétain en 1940 ? Détail de l’Histoire, aussi : Le Pen avait 12 ans à l’époque.

Et puisque le nouveau gouvernement a accueilli dernièrement en son sein la quintessence du radical-socialisme en la personne de M. Jean-Michel Baylet, peut-on rappeler que de 1959 à 1971, René Bousquet, responsable de la rafle du Vel’d’Hiv’, fit partie du conseil d’administration de La Dépêche du Midi, alors dirigé par Évelyne Baylet, la mère du petit Jean-Michel ? Encore un détail de l’Histoire, me direz-vous.

Donc, plus c’est gros, plus ça passe, disais-je. Et cette fois-ci, ça n’a pas passé ! Mme Hidalgo a été condamnée à 500 euros d’amende avec sursis. En outre, le tribunal l’a condamnée à verser un euro de dommages et intérêts et 2.000 euros pour les frais de justice. L’affaire sera jugée en appel, ce qui permettra peut-être entre-temps à Mme Hidalgo et M. Mignard de réviser leur cours d’histoire avant de donner des leçons de morale dont ils sont si friands.

Encore un détail, pas de l’Histoire, mais de français : au verbe « réviser » correspond le substantif « révision » et non « révisionnisme »

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