« Viol » filmé à Perpignan, un symptôme de l’ensauvagement de la France

Juriste

SG du Collectif Culture, Libertés et Création du RBM

 

Dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 janvier, deux jeunes hommes ont été interpellés par les forces de police. On ne fait pas de politique sous le coup de l’émotion mais le cas présent est tristement symptomatique du processus d’ensauvagement de la France. Cette affaire sordide doit s’appréhender sur les plans criminologiques et sociologiques.

J’ai eu plusieurs fois l’occasion de dénoncer les dangers de certains propos tenus par les rappeurs actuels les plus violents. Ils sont, en outre, majoritairement écoutés par des gens défaillants sur le plan intellectuel et incapables de différencier la réalité de la fiction. Il faut dire que ces rappeurs jouent habilement de leur image. Tout autant que la musique, les amateurs veulent admirer des artistes ayant une « street crédibilité », c’est-à-dire des chanteurs qui soient aussi des voyous dans la « vraie vie ». Parmi les plus célèbres d’entre eux, l’ancien Lacrim, actuellement en prison, ou bien encore le phénomène viral Sch.

On peut entendre des morceaux de ces deux rappeurs dans la vidéo des actes ressemblant à s’y méprendre à un viol. Ils sont perçus par les deux racailles appréhendées comme des modèles comportementaux. Comme ces derniers, ils cherchent à exhiber leur « street crédibilité » sur les réseaux sociaux en montrant qu’ils boivent des alcools chers, en s’exhibant avec des femmes ou bien en se présentant en gros bras. Dans cet univers fantasmagorique parallèle, les règles sont inversées. Le respect ne se gagne pas par un dur labeur mais en « brassant au max » (pour reprendre un titre de Lacrim) de l’argent mal acquis. Les femmes sont au mieux des domestiques, au pire des esclaves sexuelles.

Au-delà des actes sexuels insoutenables montrés dans cette vidéo, les deux jeunes souhaitaient frimer. Il s’agissait même de la motivation première à leurs actes. La vidéo a été immédiatement diffusée sur Snapchat pour remplir cet objectif. Elle aura surtout jeté une lumière crue sur la déchéance d’une partie de la jeunesse vivant en France, composée de dangers publics. Les deux suspects sont des sociopathes professionnels fantasmant sur un mode de vie de mafieux. Les voitures doivent être grosses et rapides. Les femmes doivent être faciles et soumises. Quant aux gens du commun, les « pelos » comme ils les surnomment, ils sont perçus tels des agneaux sacrificiels par ces prédateurs.

Ils sont encouragés à commettre leurs méfaits par un État beaucoup plus proche de Big Mother que de Big Brother. La France est une mère trop aimante, selon le terme du psychanalyste anglais Winnicott, car celui qui dépasse les limites n’est jamais vraiment sanctionné. Il est le plus souvent excusé. Les Mohammed Merah, Amedy Coulibaly ou Samy Amimour proviennent du même marais putride : impunité, déculturation, glorification de la violence, sentiment d’appartenance à un clan soudé.

Je ne veux pas chercher à comprendre ces monstres, tant les terroristes que les voyous les plus glauques. Ces gens doivent être sanctionnés, expulsés, déchus de leur nationalité quand ils sont binationaux (y compris les criminels de droit commun, car le Code civil en offre la possibilité). Il faut passer de la culture de l’excuse à la culture de la sanction. C’est une question de survie.

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